Introduction, pourquoi tout ce texte…
La vision du monde à l'oeil nu
Le rôle de l’observation du ciel à l’œil nu dans l’organisation des sociétés primitives
La vision actuelle de l’univers (dans le monde technologique)
Questions
L'univers, notre image actuelle
Univers observable et univers réel…
L'appréhension du monde - La cosmogonie
moderne
Il est 19h, la nuit tombe, et nous avons installé notre télescope de 25cm
dans la rue Caracoles, offrant aux passants la possibilité de voir
Saturne. A l’œil nu, Saturne apparaît comme une étoile, mais dans le
télescope la vision est toute différente, on voit la boule de la planète,
entourée par son anneau, flottant dans l’espace, c’est vraiment une belle
chose à voir « en vrai ». On peut avoir vu des dizaines de photos et
dessins de saturne dans les livres, ça n’a absolument rien à voir avec la
vision en direct dans un télescope. Certains passants s’arrêtent, d’autres
passent en accélérant le pas, ils sont en vacances et n’ont pas de temps à
perdre :)… Ceux qui s’arrêtent et regardent sont fascinés par la vision de
la planète. Parmi les passants certains entament un peu la conversation.
Un de ceux-là ne me parle pas de Saturne qu'il a à peine regardé, mais de
la grandeur de l’univers, et du côté « incroyable » de toutes ces années
lumières, etc… Quelques phrases plus tard, il évoque l’image d’une maison
que l’on rencontrerait au milieu d’une forêt, et le fait qu’il est
impossible de voir cette maison sans imaginer qu’il y a eu un maçon qui
l’a construite… Le mot "incroyable" montre au contraire qu'il croyait en
quelque chose...
C’est bien moi ça, je semble les attirer. Encore un témoin de Jéhovah… Ça
fait au moins le troisième qui me raconte cette histoire de maison dans la
forêt… Ils doivent tous lire les mêmes mauvais livres. Sur le fond, je
suis d’accord avec eux, voir l’univers et ne pas se demander comment il a
été fait n’est pas une attitude « normale ». Ceux qui ne se posent pas un
jour la question sont du genre à ne jamais se poser de questions, cerveau
trop mou, quasi animal. L’humain se pose ce genre de questions. Mais les
découvertes d'il y a 400 ans, celles d'il y a 100 ans, ou même encore 20
ans font qu'il est aujourd'hui impossible de voir l’univers et d'imaginer
qu’il a été fait pour nous. Imaginez une bactérie, dans la forêt, qui
trouve une maison, et se dit « fantastique, quelqu’un a construit une
maison rien que pour moi… ». Bien sûr, la maison n’a pas été construite
par un maçon qui espérait qu’une bactérie puisse venir un jour l’habiter.
Et ceci ne serait qu’une version très fausse de la réalité. Si nous
ramenons l’univers observable à l’échelle d’une maison, nous ne sommes ni
des fourmis, ni des bactéries, ni des particules subatomiques, à cette
échelle, nous n’existons pas. Alors imaginer qu’un maçon construise une
maison pour que 14 milliards d’années plus tard un rien invisible vienne
en utiliser une partie ridiculement minuscule montre ce que l’on est prêt
à ignorer pour continuer à croire malgré tout. Pourquoi insister sur cette
idée ancienne, qui date des barbares de l’antiquité selon laquelle la
terre serait plate et le monde aurait été créé pour nous…. Nous avons
encore un gros fossé à combler entre les connaissances actuelles et celles
du public. A la limite, et en tout cas pour moi, il est presque plus
important d’informer le public que de continuer à avancer plus avant vers
de nouvelles découvertes qui restent abstraites pour l’essentiel de la
société, qui, elle, continue à se battre sur sa terre plate. A quoi sert
de savoir, sans faire savoir… Ce soir-là, j’ai tenté d’expliquer un peu
cela à cette personne, je pense qu’il est parti sans avoir trop changé ses
opinions sur l’univers, mais au moins il sait qu’il y a quelqu’un qui a
quelques raisons de ne pas penser comme lui. C’est déjà un progrès.
Introduction,
pourquoi tout ce texte…
Je m’appelle Alain Maury, je suis astronome, et j’ai créé avec mon épouse
il y a plusieurs années un observatoire touristique dans le désert
d’Atacama. Nous recevons un peu plus d’un millier de visiteurs par mois à
qui nous montrons le ciel et tentons de montrer et d’expliquer, dans un
laps de temps très court, ce qu’est l’univers, tel qu’on le voit
aujourd’hui. Le texte qui suit a été écrit au départ pour plusieurs
raisons :
- Parce que je n'ai pas le temps de tout expliquer durant les tours mais
que malgré tout, les mêmes questions reviennent très fréquemment.
- Parce que je dois être un peu politiquement correct durant les tours.
- Parce qu'ici nous sommes entre mécréants, donc nous pouvons parler
franchement.
- Parce que j'ai passé des années à travailler sur les astéroïdes
géocroiseurs (donc sur les catastrophes énormes qu'un impact d'astéroïde
pourrait créer sur Terre) pour me rendre compte que finalement la bêtise
humaine est beaucoup plus dangereuse que les astéroïdes, elle tue des
milliers de personnes chaque année, et que globalement, on ne fait rien
contre. On continue à dépenser des sommes énormes dans l'armement, une
fraction de tout celà dans des missions spatiales civiles, et une sous
fraction de tout cela dans l'éducation (si on fait la somme au niveau
mondial), et finalement ça ne semble pas déranger grand monde.
- Parce qu’il est un peu désespérant, en fait non, carrément désespérant,
de voir aujourd’hui, avec toutes les connaissances scientifiques que tout
le monde peut acquérir, la grande majorité du public croire en un nombre
de débilités qui datent pour la plupart de l’antiquité. Si elles étaient
sans conséquences, pourquoi pas, mais c’est tout de même assez loin d’être
le cas. J’ai toujours pensé que lorsque quelque chose était bien expliqué,
les choses pouvaient progresser. Je suis un optimiste. Optimiste, mais en
colère lorsque je vois les effets de la bêtise humaine, la prolifération
de sites internet écrits par des gens qui pourraient facilement se
cultiver un peu, et dans pas mal de cas, aller voir également un
psychiatre (sectes donc religions, 2012, OVNIs, conspirations, astrologie,
etc...).
- Parce qu'il me semble très important que les humains fassent leurs les
découvertes des 4 derniers siècles. On ne vit plus aujourd'hui comme on
vivait dans le passé, on ne doit surtout pas vivre avec les conceptions du
passé faute d'aller directement dans le mur. Il y a des choses non
négociables, comme "la Terre est ronde", "nous sommes en pratique seuls
dans l'univers, qui est largement plus grand que nous", "l'univers n'a pas
été fait pour nous", "nous sommes tous de la même espèce et devons
partager au mieux des ressources forcément limitées" qui impliquent que
sur de nombreux sujets nous devons changer notre point de vue et sortir
enfin de l'antiquité et ne plus vivre en basant sa vie sur des contes
délirants. Accepter la réalité c'est aussi ne pas croire au surnaturel.
Bref, j'ai terminé depuis assez longtemps de considérer que les choses
étaient finalement comme elles étaient. Aujourd'hui, je ne prends plus de
pincette avec les imbéciles qui continuent à penser comme dans
l'antiquité. Qu'ils dégagent (pour prendre un terme à la mode au sud de la
Méditerranée).
Le but de ce texte n'est évidemment pas de convaincre les astrologues, ufoloillogistes, curés de tous poils de la bêtise de leur croyance, ils vivent en général dans leurs mondes et ne changeront pas. Par contre, il me semble important d'avoir quelques personnes qui expliquent clairement leurs supercheries à ce que l'on appelle "le grand public" de façon à ce que celui ci puisse au minimum se faire une idée précise. Non, il n'y a aucune relation entre la position des planètes vues depuis la Terre et notre vie quotidienne (AUCUNE), non, l'univers n'a pas été créé il y a 6000 ans par un vieux barbu qui s'ennuyait, non, les gouvernements ne sont pas au courant de contacts avec des civilisations avancées, etc... Lire plus loin.
A la base de chaque culture, il y a une cosmogonie. Toucher à la
cosmogonie, c'est toucher aux fondements de la culture commune du groupe.
Je préfère donc continuer de la manière suivante :
Préavis : Je suis un mécréant, donc une personne qui ne croît en rien, et
avec de bonnes raisons. Je ne sais pas tout, mais ce que je sais me permet
d'affirmer un certain nombre de choses, et c'est ce que je tente
d'expliquer durant mes tours, et avec le texte qui suit. Ne venez pas me
reprocher plus tard de ne pas partager votre point de vue. J'écris ce
texte pour vous expliquer mon point de vue, pas le vôtre. Si le texte vous
choque, il y a vraiment plein d’autres choses à lire sur internet… Je vous
l’ai dit plus haut, ce qui suit n’est pas politiquement correct, pas
religieusement correct, etc... Il est correct, mais n'abonde pas dans le
sens ni des politiques (dans le sens de ce qu'ils sont aujourd'hui, à
savoir des "personnes dont le but est de courir après le pouvoir"), des
religieux et en gros de tout autre menteur. Je ne suis pas responsable de
votre décision de le lire. Il est bien sûr fondé sur les connaissances
actuelles sur l’univers, et porte comme pratiquement tous livres
d’astronomie, sur les connaissances factuelles sur le ciel, mais parle
également sur notre relation au ciel qui est au moins toute aussi
intéressante que la description de l’univers lui-même. La vision du ciel
dans une société en est comme la colonne vertébrale, elle est invisible,
mais elle supporte tout. Dans notre société actuelle, plus personne ne
voit le ciel mais toutes nos coutumes sont liées à cette vision. C’est à
vous de décider si vous souhaitez lire, ou pas.
Disons que le paragraphe précèdent constitue une mise en garde « forte ».
La très grande majorité d’entre vous n’auront aucun problème à lire et
accepter ce que j’explique. Je sais aussi qu’il existe une très faible
proportion d’indécrottables et qui m’en voudront beaucoup d'avoir écrit
quelque chose qu’ils ne sont pas capables d’accepter. Je préfère faire
cette mise en garde un peu « dure » et y renvoyer ensuite toute personne
m’insultant parce que je ne partage pas sa « foi ». Ne venez pas me dire
ensuite que je ne respecte pas vos croyances, d’une part parce que vous ne
m’apprendrez rien, je ne les respecte pas, je le sais déjà. Je prétends
d'ailleurs qu'il ne faut pas respecter les religions et toute autre forme
de croyance ridicule. D’autre part, j’ai de bons arguments pour ne pas les
respecter. Qu'ils se disent que parce que leurs croyances n'ont d'autres
buts que de prendre le pouvoir, un pouvoir, des gens comme nous
supportent, endurent, leurs grandes idées (débiles) et leurs terribles
conséquences depuis des siècles, alors pour une fois qu'un athée s'exprime
un peu... Une des caractéristiques des religions est de différencier "ceux
qui croient", respectables, et les non croyants, infidèles, mécréants,
sans foi ni loi, etc... Je prétends (sans être vraiment tout seul) que
nous sommes tous humains et que nous devrons œuvrer pour faire disparaître
les religions qui sont d'une part basées sur des légendes issues de
l'antiquité et des croyances complètement fausses et d'autres part
vecteurs majeurs de ségrégation parmi les humains : Les hommes et les
femmes, les croyants et les mécréants, les fidèles et les infidèles, les
purs et les impurs, les "comme nous" et les goy,
les gaijin, les gadjos,
bref, les "pas comme nous".
Avant de travailler en indépendant j'ai travaillé dans différents
observatoires et j'ai passé beaucoup de temps à observer le ciel. Non pas
directement, mais sur des plaques photographiques, puis avec des
détecteurs électroniques, et j'ai une vision de l'univers qui est
forcément très différente de celle du commun des mortels. Quand je parle
d'astéroïdes, d'étoiles, de galaxies, celà fait trente cinq ans que je les
cotoie toutes les nuits et on ne peut pas fréquenter ce monde, sans
regarder le vôtre d'une manière différente. Or du travail quotidien, il y
a des moments de pose, de réflexion et de quelque chose qui pourrait se
décrire comme un étourdissement. Puis de satisfaction, celle d'être sur
Terre, d'avoir une belle vie, malgré tout, surtout en ce moment de
l'histoire humaine. Il y a des endroits du ciel où on peut littéralement
voir des millions de galaxies. A ces distances, ce ne sont que de petites
tâches floues, mais qui donne une idée de la taille de l'univers. C'est
évidemment quelque chose d'abstrait pour la plupart des humains pour qui
le ciel est la plupart du temps limité aux nuages.
Ce texte est un travail en cours, je dois le compléter de nombreux paragraphes pas encore écrits ou partiellement écrits, le reste suivra. Je dois encore mettre toutes les illustrations pour que le tout soit plus compréhensible et lisible.
La science
La science n’explique pas tout, elle est une manière d’appréhender le
monde, et certainement la moins crétine de toutes et est la seule qui ait
permis de nous faire progresser. Elle procède d’une interaction entre les
observations et les théories. Elle n’est pas pour autant infaillible.
Faite par des humains, elle reste comme eux. Elle s’intéresse à de
multiples domaines, et dans chaque domaine possèdes ses acquis, ses
probables et ses frontières. Nous sommes aujourd’hui sûrs à 100% de la
rotondité de la Terre, et personne n’est 100% sûr que le big bang s’est
réellement produit, mais il y a une progression de nos acquis au cours de
l’histoire. En 1600, personne n’avait idée du big bang, et peu de gens
imaginaient que la Terre était réellement ronde. La science n’est pas à
l’abri des erreurs (mais nettement moins que d’autres manières de
prétendre d’appréhender le monde). Elle aborde pratiquement tous les
thèmes, et donc certains qui sont peu importants (se tromper dans la
mesure de la distance d’une étoile n’a que rarement des conséquences
catastrophiques) et d’autres très importants (ne pas estimer correctement
les conséquences de l’usage de telle ou telle molécule en pharmacie par
exemple). Le scientifique tente d’expliquer au mieux tel fait à partir des
observations dont il dispose. Il arrive qu’elles ne soient que
parcellaires, ou trompeuses, bref rien n’est simple, et c’est donc en
tâtonnant que la science progresse (que les probables deviennent acquis,
que les frontières deviennent probables, que les idées incorrectes sont
éliminées, etc…). L'erreur, l'incertitude et le doute font partie de la
science. Elle fonctionne nettement mieux que les révélations divines (dit
autrement, si nous en étions restés aux révélations divines, nous serions
encore dans la préhistoire). Aujourd’hui, une bonne partie de la
population possède une image négative de la science, qui d’une part a
servi de moyen de sélection lors de leurs études, et d’autre part, pour
ces personnes, semble responsable de tous les problèmes du monde. Vu que
bon an mal an elle est partout dans notre monde actuel et qu'il faut bien
trouver des coupables quelque part. Le tout vient de notre manière
d'appréhender l'inconnu. Soit on a l'honnêteté de reconnaître que l'on ne
sait pas, ce que fait le scientifique honnête, soit on raconte n'importe
quelle bêtise pour prétendre que l'on sait. Hors si l'on peut se donner
l'impression de maîtriser quelque chose parce qu'on pense l'avoir
expliqué, on se fourvoie tant que l'on n'a pas une explication correcte.
Si il y a des choses qui étaient excusables il y a plusieurs milliers
d'années (c'est le dieu Jupiter qui produit la foudre par exemple, Eole
souffle le vent, etc...), aujourd'hui, même s'il reste énormément de
phénomènes à expliquer, nous pouvons revenir à plus de modestie et ne pas
remplacer l'ignorance par des croyances. Il n'est pas si difficile
d'accepter notre ignorance, notamment le fait que probablement, on ne
saura jamais tout. Par contre, il faut être capable de remettre en cause
les enseignements de ses prédécesseurs, et tenter de laisser le monde dans
un meilleur état que celui dans lequel il était à notre naissance... Dans
ce contexte, la science non seulement a permis de progresser sur notre
connaissance du monde, elle nous permet d'avoir l'honnêteté de reconnaître
nos limites et ne pas nous faire recourir au surnaturel pour expliquer ce
que nous ne connaissons pas encore.
La nature a horreur du vide. Peut être que de la même manière, notre
conscience a simplement horreur de l'ignorance et a peur du doute.
Toujours est-il que les croyances sont (hélas) universelles. Elles donnent
une explication aux phénomènes que nous ne sommes pas encore capables
d'expliquer, mais vont souvent plus loin. La seule chose positive des
croyances est que très lentement, elles finissent par évoluer, au fur et à
mesure de nos capacités à admettre les découvertes. Je me souviens d'un
sondage en France qui disait qu'aujourd'hui, seulement 4% des français
croyaient réellement que l'univers avait été crée par un dieu il y a 6000.
C'est un progrès certain. Notre vision du monde est souvent basée sur de
fausses idées qui sont faciles à expliquer. Aujourd'hui peu d'humains
"croient" que la terre est ronde, toute personne raisonnable (dans le sens
étymologique) voyant une photographie du globe terrestre peut se
convaincre que la terre n'est pas plate. Les problèmes sont que d'une part
il y a peu de vulgarisation scientifique à la télévision par exemple
(beaucoup moins que de football par exemple), et qu'il y a des idées
ancrées depuis notre jeunesse, et qui font partie de notre culture et dont
il est très difficile de se démettre. Un autre gros problème est
évidemment lié à notre insignificance dans l'univers (dans l'espace et
dans le temps). Il est finalement plus confortable d'imaginer que tout cet
univers n'a été fait que pour moi. Comme nous le verrons plus loin, il y a
réellement des histoires complétement incroyables, dans le sens premier,
et qui pourtant sont à la base de notre culture.... "Alors on dirait que
en se balladant dans le jardin d'Eden, Eve rencontre un serpent qui
vendait des pommes..." Qui (dans les gens raisonnables) iraient croire une
histoire aussi ridicule ? Hummm.... 1 milliard de personnes ? Encore plus
fort, ces personnes là vont se permettre d'imposer leurs lois et condamner
à mort des personnes qui ont le toupet de ne pas croire en leur histoire.
Vision du ciel
Commençons par expliquer que bien qu’aujourd’hui pratiquement plus
personne ne regarde le ciel (pas même les astronomes, ce sont des caméras
électroniques qui aujourd’hui ont remplacé leurs yeux), dans le passé, les
anciens devaient le regarder un peu plus. A vrai dire, sans pollution
lumineuse le ciel est impressionnant de beauté. Et sans lumière, il n’y a
que peu de choses à faire la nuit, dormir… regarder les étoiles, et
quelques autres activités que l’on peut pratiquer dans l’obscurité. Et une
des choses que les anciens ont du faire est de se demander ce qu’ils
voyaient. « Où suis-je, où vais-je, où cours-je, où dors-je", et
évidemment "dans quel état j’erre » Le scientifique rajoutera bien sûr
« comment se fait-ce ? ».
Comme nous, ils ont observé, et ils ont tenté d’expliquer ce qu’ils
voyaient. Unique problème, à l’œil nu, donc sans aucun télescope, ce qui
conduit à faire des observations complètement erronées. Par ailleurs, et
c’est regrettable, la nature est vicieuse et s’il y a un fait évident à
celui qui l’étudie un tant soit peu, c’est qu’il ne faut surtout pas se
fier aux apparences, elles sont plus que trompeuses. Les clés sont là,
mais pas évidentes à trouver. L’histoire de cette découverte progressive
est liée à des personnes que l’on peut souvent qualifier de génies et qui
par leurs contributions sont arrivées à changer notre perception du monde.
Mais les découvertes de ces génies sont très souvent associées à une
avancée technologique déterminante à cette époque.
Aujourd’hui, le grand public voit l’astronomie et l’observation du ciel
comme une activité pour nerds, pour doux rêveurs. Le «grand public »
n’observe jamais le ciel, et il n’a aucune sorte d’importance dans leur
vie. On me demande souvent, trop souvent, « à quoi ça sert de dépenser
tant d’argent dans des télescopes… ? ». Le voici donc, le grand public,
sur sa Terre, quelque part entre sa naissance à sa mort, sans jamais se
demander où il est, vivant dans un monde dominé par la science mais sans
avoir la moindre idée de la manière dont elle fonctionne. L’accusant de
tous les maux sans jamais la remercier pour la qualité de vie qui est la
nôtre actuellement.
Relisez bien cette dernière phrase. Elle est importante. On trouve trop
souvent de pauvres bougres qui imaginent, et je ne sais pas sur quelle
base, que la vie était mieux « aaavaaaant ». Il y a vraiment des gens qui
réfléchissent peu. Dans l’ancien temps, un mal de dent était un mal de
dent, et il fallait souffrir beaucoup plus qu’aujourd’hui, un cancer
aussi, les gens mourraient beaucoup plus tôt, la mortalité infantile était
importante, il fallait faire une bonne dizaine d’enfants pour avoir
quelques survivants, il y avait encore des famines dans un pays comme la
France au 19ème siècle. Si nous sommes sortis globalement de la misère,
c’est grâce à la science qui a permis la révolution industrielle. Tout
n’est pas parfait bien sûr, mais je n’échangerais pas une heure de ma vie
aujourd’hui pour une journée il y a 10000 ans, et une opération
chirurgicale aujourd’hui pour une autre il y a 20 ans, 200 ans et encore
moins il y a 2000 ans.
Personnellement, j’ai toujours été amusé par les mythes anciens, et
m’amuse à tenter de dénicher ce genre de mythes dans notre société
actuelle, ceux que les personnes du futur verront comme le nez au milieu
de notre figure mais que nous ne sommes pas capables de voir, ou que nous
nous voilons. Pensez aux romains par exemple, avec leurs dieux, leurs
sacrifices, leurs oracles, la prévision du futur dans les tripes de
poulet, etc… Évidemment ridicules, non ? On peut argumenter que l’hominidé
préhistorique avait des capacités intellectuelles plus faibles que les
nôtres, mais il y a 2000 ans, le cerveau humain était identique au nôtre.
Les romains faisaient déjà la guerre, et s’ils n’avaient pas encore
inventé le football à la télévision, ils avaient juste une conception du
monde différente, des coutumes différentes, mais pas un cerveau différent.
Aujourd’hui nous possédons des mythes similaires, mais pour l'essentiel,
nous ne les voyons pas, ou dit autrement, nous pourrions les voir si nous
étions capables de sortir d'un certain nombre de non dits. Ces mythes sont
liés à notre vision du monde, notre environnement. Notre histoire est liée
également à notre vision du monde, et donc à notre vision du ciel…
Les anciens ont donc observé le ciel. Le problème, on le verra plus tard,
est qu’ils ont "un peu" extrapolé leurs observations, tentant de répondre
à « que vois-je » et en y répondant mal, vu qu'à l'oeil nu on voit très
mal, puis tentant ensuite de répondre à « qui a fait tout ça, comment, en
combien de jours, etc… ». Tout ceci va forger, sinon forcer l’organisation
des sociétés. Toute société va s’organiser autour d’une cosmogonie
commune. Débile, mais commune. Changer de cosmogonie est très difficile à
faire, la preuve, aujourd’hui la plupart des gens racontent encore
l’histoire d’Adam et Eve, croient au surnaturel et autres sornettes qui
auraient tout de même dues être oubliées depuis bien longtemps, ou sinon
placées à pied d’égalité avec le père noël, le dahu et blanche neige. Des
imbéciles se font exploser (et avec eux font mourir d'autres personnes)
dans l'idée "d'aller au ciel", et en plus " d'avoir droit à 72 vierges en
cadeau":). Que le lecteur en soit convaincu, on vit encore dans un monde
de brutes...
En fait, peu de personnes parmi les scientifiques abordent publiquement le
problème. La majorité des astronomes sont athées, et malheureusement, ceux
qui croient encore à une quelconque religion antique se font récupérer
très facilement, les religions comme les sectes cherchant l'appui des
scientifiques pour cacher le fait que leur description du monde n'a plus
rien à voir avec la réalité et que globalement ils sont misérablement à
côté de la plaque. A cause du nombre de tarés fanatiques que l’on trouve
de tous bords, il est à la limite dangereux d’expliquer en termes clairs
pourquoi les religions devraient faire partie du passé et par exemple ne
plus être reconnues par aucun gouvernement décent. Plus personne ne
regarde le ciel, mais pourtant, cette vision du ciel (à l’œil nu) a
profondément façonné nos sociétés et continue à le faire.
Comment se fait-ce ?
Dès qu’il a eu la moitié d’un cerveau utile, l’homme a du observer son environnement, et a pu observer un certain nombre de choses.
Celles que l’on voit assez facilement à l’œil nu sont :
- Que la Terre est plate (presque… cherchez l’erreur… la description du
monde commence super bien :))
- Que je suis au centre (toutes les cultures vont s’imaginer le centre de
la terre plate, évidemment… comment Dieu, le créateur du monde aurait-il
pu nous placer, nous, objet de la création, au bord, et en mettant de vils
étrangers/barbares en plein milieu... impossible!...)
La terre va être vue plate de différentes manières. Dans la bible elle est
ronde (un disque flottant dans l’univers, par la seule volonté de dieu),
chez les mayas elle est carrée, avec chaque coin du carré orienté vers les
quatre points cardinaux. Il est peu probable malgré tout que les prêtres
mayas aient été aux 4 coins de la terre vérifier leur théorie. Dans la
Grèce antique, elle entourée par l’océan. Dans certains cas, la terre
repose sur des piliers, et si ce ne sont pas des piliers, ce sont des
éléphants ou des tortues… Évidemment, on ne dit pas sur quoi reposent les
piliers ou qui nourrit les éléphants. Par contre, lorsque les tortues
bougent, on sent très bien le tremblement de terre... :)
L’univers est essentiellement obscur (c'est que tout ça est bien loin),
et à l’œil nu on ne le voit qu’assez mal.
Le jour on est ébloui par le soleil. De jour, on peut malgré tout voir la
lune assez souvent, et Vénus si on sait où regarder. La nuit par contre on
voit nettement mieux. On voit les étoiles, qui, à l’époque, sont vues
comme de petits points dans le ciel, on doit les imaginer très très loin,
à des… centaines ou des milliers de kilomètres de nous. En fait, ils
n’utilisent évidemment pas des kilomètres pour mesurer les distances mais
des unités qu’aujourd’hui n’utilisent plus que quelques peuplades
attardées comme les miles, les lieux et autres pieds. Pratiquement,
personne à l’époque ne va imaginer que ces points de lumière sont d’autres
soleils à des distances très très grandes. Toutes les étoiles ont des
distances différentes de nous, mais à l’œil nu, il est impossible de
percevoir qu'une étoile est plus proche de nous qu’une autre, donc les
astronomes de l’antiquité pour la plupart imaginent le ciel comme un globe
centré sur nous.
La faible distance à laquelle on imagine les étoiles à l'époque (par
rapport à la distance réelle, qui se chiffre au mieux en centaines de
milliers de milliards de kilomètres) fait que pour être mieux entendu des
dieux, de façon à s'en approcher, on ira souvent prier sur des montagnes
et qu'inversement lorsque dieu descend sur terre, il vient bien sûr sur
une montagne, voir, il vit sur une montagne. Le soleil est fréquemment vu
comme un dieu. Pour donner une échelle, si on gravit une montagne de 1500
mètres d'altitude, par rapport à la distance du soleil, qui est à 150
millions de kilomètres de distance , nous nous en rapprochons d'un cent
millionième, ça marche tout de suite mieux.... On augmente le rapport
signal sur bruit de la transmission d'un facteur 1,0000000000000001. La
haut c'est clair, dieu nous entend nettement mieux... Et quand le ou les
dieux sont sur terre ou viennent sur Terre, c'est bien sûr sur une
montagne: l'Olympe, Sinaï, Mauna Kea (à Hawaii), des dizaines d'autres.
Avez vous déjà vu dieu sur une plage ?. Non. Et bien c'est bien la
preuve... Sinon, si on n'est pas assez haut, on construira des
pyramides.... Et quand des tarés fanatiques vont faire un attentat aux
Etats Unis, ils vont choisir... des grattes ciels...
On voit ce globe tourner, parce qu’en fait la terre tourne. L’horizon ouest se « lève », l’horizon est « descend » et on voit les étoiles tourner. C’est évidemment le contraire que tout le monde va imaginer, la Terre est fixe et le ciel tourne autour de nous, ce qui est tout de même le minimum, vu que nous sommes évidemment le centre du monde. En première approximation, la terre est évidemment bien plus lourde et grande que le ciel, qui n’est qu’une décoration, des petits points flottants au dessus de nous.
A ce niveau, on voit ce dont je parlais lorsque je disais que la nature
est vicieuse, on voit mieux l'univers lorsqu'il y a moins de lumière, et
en gros tout ce que l'on peut déduire des apparences est complètement
faux.
Une autre observation facile à faire et à expliquer est que les étoiles
progressent un peu chaque nuit. La terre avance sur son orbite d’un 365ème
de tour par jour, et donc chaque jour les étoiles donnent l’impression de
faire un peu plus d’un tour. 24h divisé par 365, c’est un peu moins de 4
minutes par jour (3 minutes 56 secondes). 4 minutes par jour, c’est 60
minutes en 15 jours. Donc lorsque l’on voit une étoile se lever par
exemple à minuit, le lendemain elle se lève à 23h56m4s et 2 semaines plus
tard, elle se lève déjà à 11h du soir, puis 2 semaines de plus, 10h du
soir, etc... Et le ciel se « décale » progressivement durant l’année. Si
les étoiles se déplacent de 2 heures par mois, logiquement, au bout de 12
mois, elles se sont déplacées de 24 heures, ce qui veut dire que l’on
revoit les étoiles au même endroit à la même heure au bout d’un an (en
première approximation toutefois, suffisante en tout cas pour
l’observation à l’œil nu). Au passage, quel pourcentage de la société
actuelle sait que les étoiles que l’on voit en été ne sont pas les mêmes
que celles que l’on voit en hiver ? 2%, plus, moins ?
Comme dans tout ce texte, je ne peux que vous inciter à faire ou refaire
vous-mêmes les calculs, n’importe qui peut vérifier par soit même. Soit
refaire le calcul avec une calculette, soit encore plus évident, regarder
un peu de temps en temps le ciel (même en ville), tenter de repérer une
étoile brillante et voir qu'elle se déplace au fur et à mesure du temps.
Ce changement du ciel fait partie du cycle observable de l’année. En été
on voit telles étoiles, en hiver, telles autres. En été, le soleil est
haut dans le ciel, en hiver il est bas. On voit évidemment les changements
de températures, les modifications dans la végétation. Aujourd’hui, il
semble que la plupart des gens se rendent compte que l’hiver arrive
lorsque les supermarchés se parent des décorations de Noël.
-Une autre observation qui est faite est que parmi les étoiles il y a 5
astres qui, comme la lune, se déplacent. Elles se voient exactement comme
des étoiles (des points de lumière dans le ciel), mais se déplacent
lentement (les plus rapides ont un mouvement perceptible de nuit en nuit),
et non seulement cela, mais ces étoiles ne se déplacent que dans un plan,
ce sont les... planètes. Les planètes se déplacent dans une bande du ciel
que les astronomes nomment l’écliptique, et que les astrologues appellent
le zodiaque. Là, pour la majorité des humains vivant sur Terre
aujourd'hui, on est dans l'inconnu. J'imagine que 98% des humains n'ont
jamais été capables de reconnaître une planète dans le ciel, en voyant son
déplacement par rapport aux étoiles, vu que déjà pour la lune, on doit
être à 90% des humains incapables de voir ou savoir qu'elle tourne autour
de nous.
D’autres observations sont faciles à faire, elles semblent tellement
évidentes que personne ne les mentionne dans les traités d’astronomie :
- Les étoiles sont petites. Ce sont des points (ce qui n’est vrai
qu’apparemment, les étoiles sont réellement beaucoup plus grosses que la
Terre). Le ciel doit être assez léger, et donc on imagine forcément que le
ciel tourne autour de nous, et pas l’inverse. Lorsque, dans la Genèse,
dieu travaille (métier remarquable, 6 jours de travail dans l’infinité du
temps), dieu crée « les étoiles », d’un coup, d’un seul. le mercredi soir,
moitié à la bourre, à 5 heures moins le quart. "Dedieu de moi même,
suis-je étourdi, j'allais oublier de rajouter la déco nocturne... " :)
Évidemment les étoiles sont nettement plus grandes que la Terre, mais pas
à l’œil nu, les étoiles sont des décalcomanies qu’on a collées quelque
part au plafond… Pas seulement dans la genèse, dans les quelques textes
que j’ai lu, le dieu crée toujours « les » étoiles en un seul acte. Et
évidemment aucun texte ancien ne parle de galaxies, de gaz interstellaire,
d’expansion de l’univers. Quels cachottiers ces dieux... Avec la
connaissance de l'univers qui est la nôtre aujourd'hui, on réalise qu'il
est bien plus probable que les "textes sacrés" aient été écrits par des
barbares incultes il y a plusieurs milliers d'années que "révélés" par un
dieu quelconque qui n'aurait pas eu spécialement intérêt à cacher le
simple fait que la Terre est une planète qui tourne autour du soleil par
exemple.
Certaines observations sont à l'époque incompréhensibles :
- Les astres ne tombent pas. Alors que tout tombe sur terre, les étoiles,
la lune, le soleil, les planètes restent bien accrochées en haut. Elles ne
sont donc pas soumises aux mêmes lois que les objets sur Terre.
- Les astres brillent éternellement. Alors que sur Terre, tout nécessite
énergie (celle de couper le bois, d’allumer le feu, et de recouper du bois
pour entretenir le feu), les étoiles brillent éternellement. En tout cas,
nuit après nuit, depuis... des lunes...
- Les astres ont un mouvement perpétuel. Là aussi sur Terre il n’existe
aucun mouvement perpétuel, et tout déplacement nécessite un travail.
Lorsque l’on arrête de le pousser, l’objet arrête de se déplacer.
Ces observations simplistes, "évidentes de prime abord" vont expliquer la séparation du ciel et de la terre dans la plupart des textes anciens parlant de la création du monde. Le ciel est "évidemment" d'une nature différente à la Terre. En règle générale, ce qui se passe dans le ciel sous-tend la notion d'éternité. On voit les étoiles tourner sans fin autour de nous, rien ne change, les planètes se déplacent, la lune aussi, mais le phénomène est connu, et même s'il n'est pas expliqué, on peut s'y attendre. Le problème est que de temps à autres, des phénomènes "encore plus incompréhensibles" se produisent dans le ciel :
Les mouvements du soleil, de la terre et de la lune produisent des
éclipses. Celles de lune sont assez fréquentes et belles à observer, celle
de soleil, beaucoup plus rares en un endroit donné, surtout les éclipses
totales (ou la lune cache complètement le soleil). A cause de
l’inclinaison de l’orbite de la lune, les éclipses ne peuvent se produire
que lors de deux périodes par année. Celles de lune sont visibles de la
moitié de la terre qui est dans la nuit, et celles de soleil (lorsque
l’ombre de la lune passe à la surface de la terre) sont, pour un lieu
donné, beaucoup plus rares, puisque visibles seulement sur une bande qui
mesure typiquement 200km de largeur. Les éclipses totales de soleil sont
des phénomènes très impressionnants, pour les humains comme pour les
animaux. Si vous n'avez jamais pu voir une éclipse totale de soleil, je ne
peux que vous recommander de faire le voyage pour la prochaine, c'est
certainement le plus beau spectacle céleste observable. Les éclipses sont
un de ces rares moments dans la vie où on se fait prendre par la partie
animale en nous, dit en clair "ça prend aux tripes". Pour nous
aujourd'hui, qui savons prédire où et quand se passent les éclipses, ce
sont des phénomènes hallucinants, pour les anciens qui voyaient le soleil
disparaître en plein jour, sans avoir été prévenu auparavant, ce devait
être un moment de panique totale. La fin du monde arrivait. En Indonésie,
lors d'une éclipse totale de soleil, donc lorsqu'un monstre mange le
soleil, les habitants font du bruit avec des casseroles, où font de la
musique (vu que pour eux la musique est une somme de bruits de casseroles
:)), ce qui suffit à effrayer le monstre, qui relâche le soleil dans les
minutes qui suivent. cqfd.
On voit assez fréquemment des étoiles filantes dans le ciel, et beaucoup
plus rarement des météores. Quelques fois par siècle, on peut arriver à
voir des pluies d’étoiles filantes, où plusieurs dizaines, voire centaines
d’étoiles filantes traversent le ciel chaque seconde en silence. Autre
moment qui doit faire penser que la fin du monde est imminente.
Quelques fois par décennie, on peut voir également une comète brillante
traverser le ciel, assez souvent à la limite de visibilité à l’œil nu,
mais les « grandes comètes » sont des phénomènes très impressionnants à
voir.
On peut voir des étoiles exploser, quelques fois par décennie, on voit des
étoiles apparaître (elles étaient trop faibles pour être visible à l’œil
nu) pendant quelques jours ou quelques semaines (des novæ). Beaucoup plus
rarement on voit des étoiles exploser très violemment, se détruisant au
passage (des supernovæ, la dernière vue dans notre galaxie a été observée
en 1604). Elles deviennent alors très très brillantes. Les témoignages que
nous avons de l’époque parlent d’une étoile très brillante, éclairant
autant que la lune pendant quelques semaines puis diminuant d'éclat
progressivement pour ne plus être visible à l'œil nu une année plus tard.
Il y a également bon nombre de phénomènes atmosphériques (aurores
boréales, halos autour de la lune ou du soleil, parhélies, etc…) qui
peuvent également être observés.
A partir de ces observations, toutes les cultures vont imaginer le monde,
et bien au-delà, puisqu’elles vont créer une cosmogonie, à savoir une
histoire de la création du monde. On ne leur en demandait pas tant. La
partie pathétique est évidemment qu’ils vont tenter de raconter l’histoire
du monde à partir d’observations visuelles, donc très imprécises, très mal
interprétées, et en consommant apparemment pas mal de produits
hallucinogènes… lire par exemple ce texte
sur wikipedia un soir où vous avez du temps à perdre.
La grande majorité des cultures vont séparer la terre du ciel. En
apparence le ciel et la terre sont très différents, mais comme nous
l’avons appris plus tard, la terre fait partie de l’univers, une toute
petite partie, négligeable, infinitésimale de l’univers. Elle est un objet
astronomique, une planète, faite des mêmes atomes et soumis aux mêmes
forces que le reste de l’univers. Découvrir cette vérité sera un travail
énorme. Avec des conséquences énormes, et aujourd’hui encore non
complètement abouties.
"Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre". Au commencement c'est déjà tout faux, alors ce qui suit... :)
Le rôle de
l’observation du ciel à l’œil nu dans l’organisation des sociétés
primitives
A partir des observations décrites plus haut, l’organisation du monde
paraît toute logique. Nous sommes sur Terre, pour souffrir (vu qu’il faut
fournir des efforts pour obtenir la moindre chose). Tout sur Terre a une
fin (les mouvements, le feu, et même notre vie). Dans le ciel, par contre,
tout est éternel. Il va donc être logique pour beaucoup de cultures de
placer les dieux dans le ciel. Le fait est que l’enfant regarde ses
parents en regardant vers le haut, donc l’autorité est toujours venue du
« haut ». On ne place par exemple jamais un crucifix à ras le sol, ni à
hauteur d’œil, il est toujours placé sur le haut du mur de façon à le
regarder en levant la tête. Le mélange, « dieu-parents-ciel » dans la
religion chrétienne est assez permanent (notre père qui êtes au ciel,
appeler un curé « mon père », alors qu’en théorie il ne le sera jamais,
etc…). Évidemment, après avoir tant souffert sur Terre (dans le passé, je
veux bien le croire), on aspire à aller au ciel ou tout est super cool,
gratuit et éternel :). Le corps n’y va pas, on le voit bien se décomposer
sur Terre, mais l’âme, invention habile, inexistante, mais habile, y va.
Recommandation d’astronome : si au dernier moment de votre vie vous
apparaît un guignol fringué comme dans l'antiquité (une toge ?) avec en
plus une auréole vaguement lumineuse autour de la tête et s'il vous
demande si vous voulez aller au ciel, demandez-lui de rester plutôt sur
Terre. Les conditions de vie, déjà à 10km d’altitude au-dessus de la Terre
sont intenables, le ciel est invivable, parcouru de radiations, il y fait
très froid, très chaud, et surtout on ne peut pas y respirer. La Terre est
le seul endroit vivable à pas mal de centaines d’années lumières de nous.
C’est pour cette raison que la vie a pu se développer ici et pas ailleurs
(pas sur la lune, nulle part dans le système solaire, peut-être dans
d’autres endroits d’exception comme la Terre, mais ils doivent vraiment
être très très rares, et donc très très lointains). Il n'était pas évident
pour les anciens d'imaginer que le ciel était l'enfer. Il ne correspond
pas à l'image biblique de l'enfer, mais il y est impossible d'y vivre avec
souvent des températures supérieures à celle de l'enfer (au sens dantesque
du terme), ou bien inférieures, dans aucun cas aucune atmosphère à
respirer, la mort y est assurée en très peu de temps. Lorsque des humains
vont au ciel, ils doivent le faire dans un espace clôt (un véhicule
spatial) et s'il sortent de ce véhicule, c'est dans un scaphandre peu
pratique. Il n'y a pas de gravité, et une bonne proportion des personnes
qui vont dans l'espace passent une bonne partie de leur temps à vomir.
L'extase totale que d'aller dans l'espace (65 millions d'euros aujourd'hui
la ballade, si vous vomissez 5 à 6 fois durant le voyage, ça fait en gros
10 millions de dollars le vomi, le grand luxe :), ce n'est pas n'importe
qui qui peut se payer des vomis aussi chers...). Alors la pauvre âme qui
aurait la mauvaise idée d'aller au ciel en devenant immortel (ou assez
patient pour devoir attendre "la fin des temps" souffrirait
éternellement... Prêtez attention aux personnes autour de vous, ce que
vous lisez, ce que vous écoutez à la radio, à la télévision, lisez sur
internet, et notez chaque fois qu'une personne parle du ciel de cette
façon (comme le paradis). En tant qu'observateur du ciel, je sais ce que
je regarde, pour la plupart des gens le ciel a une connotation de lieu
idyllique. Il serait bien que ça cesse, le seul endroit idyllique... c'est
la terre, et encore pas trop haut en altitude et pas trop bas sous la
surface.
Pour revenir à notre histoire, il suffira de quelques coïncidences malheureuses pour que le reste se produise. Telle comète passe dans le ciel (elles sont visibles de quelques semaines à quelques mois), le roi ou le chef de la tribu décède quelques temps plus tard, et il devient évident que la comète était un message envoyé par les dieux pour annoncer la mort future du roi. Très rapidement, les roitelets vont payer des personnes pour regarder le ciel toutes les nuits pour être sûr de ne pas manquer tout message des dieux… Ils vont devoir se spécialiser dans ce domaine pour que rien ne leur échappe dans le ciel. Ce sont les débuts de l’astronomie/astrologie… et de la religion.
On va donc imaginer qu'il y a une relation entre les "phénomènes bizarres" dans le ciel et le devenir des puissants, et donc le devenir global de la société. Ceux que l'on va associer à ceux-là sont soit des événements célestes, soit des catastrophes bien terrestres (tremblements de terre, éruption de volcans, conditions météorologiques extraordinaires, tempêtes, épidémies, etc...) mais dans tous les cas, des "messages des dieux" aux humains, voir une "punition des dieux". Si les choses se passent mal, c'est forcément un dés-astre, une cat-astro-phe, et une personne née sous une mauvaise étoile, sera forcément un "mal-astré", donc un malotru.
Dieu étant notre père, il est évident que son rôle est de nous éduquer
:), et que lorsque quelque chose nous arrive, même quelque chose de très
négatif, en cherchant bien, "ça doit être pour notre bien". Ainsi
lorsqu'on parle d'une personne décédée, on dit fréquemment "il a été
rappelé à dieu". Ben oui, c'est clair, d'ailleurs la personne ne demandait
que celà en général. Lors d'une catastrophe naturelle (ici au Chili c'est
fréquent), on entend souvent dire "grâce à dieu, nous sommes vivant". Bon,
notre maison a été détruite, mais nous on s'en est sorti. Sans jamais trop
réfléchir au fait que s'il y avait réellement eu un dieu, il aurait peut
être crée une terre sans mouvements tectoniques...
Les premières tribus sont organisées comme tous les groupes d’animaux, un
mâle dominant et le reste de la horde. Le problème d’une telle structure
est qu’elle n’est pas durable si le groupe grandit. Et pas durable dans le
sens où le mâle dominant ne l’est pas pendant des années. Quelques vingt
ans plus tard, le mâle dominant vieillit et un autre surproducteur de
testostérone va le remplacer. On peut reconnaître l’autorité d’un membre
de sa famille, plus difficilement d’un étranger à la famille. D’où l’idée,
lorsque le groupe grandit, d’avoir éventuellement un « conseil des
anciens » où la plupart des familles du groupe auront un représentant.
Lorsque la structure grandit encore, on va, grâce au ciel, et c’est le cas
de le dire, trouver la solution assez rapidement. Il suffit de prétendre
que le roi possède une relation avec les dieux. S’il n’est le fils du
soleil, il est dieu lui-même (cf Hiro Hito jusqu’en 1945), ou il est
d’origine divine, etc… Se proclamer dieu est évidemment assez difficile à
faire soit même lorsqu'on n'est pas capable d'accomplir des miracles pour
le prouver, et ce, surtout si on veut être reconnu par les autres. Donc
ces dieux en chair et en os vont avoir recours à des groupes de
prêtres/astronomes/astrologues/menteurs, qui vont expliquer au peuple que
le roi est divin, et qui vont regarder le ciel en attente d’autres
messages des dieux. Le roi étant divin, il devient intouchable ,
l'autorité incontestable, et la société est stable. Le tout évidemment ne
fonctionne pas sans une armée, et voici nos sociétés modernes en place. Un
homme au pouvoir, soit parce qu’il a un système hormonal sur-productif et
a besoin de se prouver quelque chose (à lui ou à son père, qui avait un
pénis plus grand que le sien, ou à qui que ce soit), soit également parce
qu’il a hérité la position de papa. Deuxièmement, une clique de curés qui
vont mentir au peuple en délivrant un discours qui est d’autant plus
crédible qu’incohérent et « incroyable », vive les miracles !, et
troisièmement un bras solide qui va permettre de calmer l’ardeur d’autres
mâles dominants. Le pouvoir divin, l’autorité militaire et l’autorité
religieuse. Le tout se jouera en différents modes, les prêtres, vivant à
proximité du roi voyant très bien qu’il n’est qu’un humain, le remplaçant
éventuellement par un dieu virtuel, éternel, donc dans le ciel, mais ayant
délégué une partie de son autorité au roi, ou par un homme mort, mais qui
avait des pouvoirs exceptionnels, ou mort, mais pas vraiment mort, par
exemple... ressuscité, sinon encore un homme, mais qui avait clairement
des discussions suivies avec les ou le dieu (un prophète). D'une façon ou
d'une autre, le pouvoir va chercher à se sacraliser, à se relier au ciel.
Il y a différentes versions de cette triplette du pouvoir, mais repensez à
cet idiot de Mitterrand dont le premier acte a été d'aller, rose en main,
au Panthéon au tout début de son mandat. Pensez également à la probabilité
de voir un jour un président athée élu aux Etats Unis, et un autre
diminuant le surpouvoir de l'armée et y survivant très longtemps. Aux
Etats Unis, un tiers des ressources produites par le pays sont affectées à
la guerre, la religion est omniprésente et le mensonge également. Le rêve
américain consiste à faire croire à une majorité de personnes pauvres
qu'elles ont la possibilité un jour, grâce à leur qualité et leur travail,
d'accéder à la richesse. Il n'y a que peu de pays au monde ou la
fréquentation religieuse soit si haute, et le partage des richesses si
faible.
C'est une des constantes des religions que le dieu soit invisible, omniprésent, mais jamais là lorsque l'on a besoin de lui :). Ne serait-ce que pour une question de conviction, un dieu qui viendrait nous voir tous les 10 ans serait tout de même nettement plus crédible, il viendrait nous faire quelques tours de passe-passe, descendrait "évidemment" du ciel, on pourrait organiser une grande fête, il changerait l'eau en pinard, des trucs du genre, bien convaincants, puis repartirait d'un coup de réacteur au ciel, et tous les humains croiraient en lui, se comporteraient bien, et l'affaire serait entendue. Il faut reconnaître que tout ça est tout de même assez mal foutu... De plus, toutes les histoires liées à la création sont d'un stupide impressionnant: " et pi alors on dirait qu'un serpent arrive avec une pomme dans les mains, et il se met à discuter le bout de gras avec Ève...". Là déjà, ils ont fait forts, et le plus triste est qu'il se trouve des millions de personnes pour croire des histoires aussi débiles. Moi à 5 ans on ne me la faisait déjà plus.
Évidemment ce qu'a fait le "créateur" éventuel est incompréhensible (même encore aujourd'hui). Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien, qu'est-ce que le temps, l'espace, la lumière, la liste des questions est pratiquement infinie. Donc dieu réalise des choses surnaturelles (qui ne sont pas dans notre domaine de savoir faire) et donc le divin et le surnaturel sont associés. Et donc il est de bon ton pour toute personne liée au divin de réaliser des miracles. Jean Paul 2 n'a-t-il pas guéri une parkinsonienne, alors... c'est bien la preuve, ma brave dame... Aujourd'hui un miracle se définit comme quelque chose que la science ne peut pas expliquer. Justement parce que la science explique déjà beaucoup de chose et que ce qui reste (c'est la théorie du dieu bouche trous) ne peut être expliqué "que" par le divin.
Bien qu'aujourd'hui ridicule (l'idée qu'un roi puisse être un dieu, ou le
fils d'un dieu, ou le représentant de dieu, comme s'il avait besoin de
cela, etc...) j'imagine qu'à l'époque, cette invention est une découverte
enthousiasmante, elle va permettre toutes les conquêtes, tous les abus,
elle révèle le délire humain, elle va structurer des sociétés et en
détruire d'autres. Toute notre histoire est emprunte de cette vision
complètement tordue de l'univers. La terre est plate, je suis le centre,
et je peux tout me permettre.
Le plan est évidemment un petit peu foireux, et voyant également qu’il n’y a pas de relation systématique entre ce qui ce passe dans le ciel et ce qui se passe sur Terre, il y aura bien souvent séparation de la religion et de l’astrologie (pas toutes, voir le bouddhisme, la religion qui cumule les deux…pfffhhhh). Ensuite tous les jeux sont possibles, les religieux prenant le contrôle de l’armée, ou un général prenant la place du roi, etc., etc… lire les livres d’histoires et de géographie, les derniers milliers d’années sont faits de ce jeu de crétins dans le triangle maudit du pouvoir. Il suffit de voir aujourd’hui par exemple les curés iraniens regardant les défilés militaires pour avoir un exemple actuel de cette triplette de menteurs au pouvoir (dans ce cas, le système est déguisé en une république démocratique avec des élections bidons, mais les curés ont le pouvoir, et les militaires jouent le jeu, dans la mesure où les curés leur donnent les moyens de leurs délires). Mais il y en a d’autres, les chefs d’état visitant le Vatican, les chefs d’état commandeurs de la religion, etc… Tous sont par ailleurs comme Georges "Commander in Chief" Busch... La puissance militaire est entre leurs mains. Comme nous l’avons vu plus haut, plus personne ne regarde le ciel, mais notre vision du ciel antique, fausse, est omniprésente dans l’organisation de nos sociétés.
La culture est née. Il existe une histoire de la création de l’univers
propre au groupe (elle explique comment tout l’univers a été conçu par
dieu pour ce groupe, elle est complètement fausse, mais peu importe, faute
de mieux cette histoire est difficile à contredire). La société est née,
elle a un führer, et paradoxe, ceux qui resteront dans l’histoire (au sens
mémoire du terme) sont ceux qui feront tuer le plus de leurs contemporains
qui n’auraient peut être demandé que de vivre le reste de leur courte vie
tranquillement. Tout n’est pas noir malgré tout (encore que…), et le
prince au pouvoir sur un grand état va dans de nombreux cas permettre des
avancées qu’une tribu est bien incapable d’envisager (Mozart m’est plus
agréable que les tam-tams africains ou les casseroles d'Indonésie).
Développement de la technologie, amélioration des communications, des
moyens de transport, développement de l’éducation et de la science, mais
point trop n’en faut, car on risque de permettre à d’autres mâles
dominants de se prendre au jeu. Pendant des siècles, l’écriture, donc la
communication sera réservée à l’élite, et dans le cas chinois, l’écriture
chinoise est tellement compliquée qu’il faut une quinzaine d’années
d’études pour en apprendre les bases. Seul le haut de la société et leurs
enfants auront le moyen d’écrire et donc de communiquer à distance.
Aujourd'hui on peut affirmer que l'écriture chinoise (même la version
simplifiée inventée et imposée par les communistes dans les années 50) est
un frein énorme au développement de leur société et certainement un bien
pour la nôtre.
Les créateurs (artistes, scientifiques) restent toujours dans leurs cases.
Ce sont rarement les personnes les plus intelligentes d’une société qui
sont au pouvoir ou qui le briguent (je ne donne aucun exemple, mais je
sais que vous êtes imaginatifs). Notre société humaine est vraiment un cas
à part, les groupes de cétacés ou les insectes par exemple ont aussi une
organisation sociale, des communications, mais elles n’ont pas développé
la technologie pour autant, j'espère qu'il n'y a pas de notion de divinité
ou de spiritualité, donc de mensonge dans ces sociétés-là. Il est amusant
de voir que l'évolution des sociétés a fait que nous sommes (dans la
plupart des cas) passé de la dominance du plus fort, à celle de celui qui
avait l'histoire la plus invraisemblable à raconter. Quand pourra-ton
passer à celle du plus compétent et du plus à même de développer
harmonieusement la société ?
Le pouvoir :
Ayant évolué des animaux, l'humain conserve un fond commun important avec eux. Certains ont tendance à vouloir dominer, d'autres à suivre le chef. Si l'humanité était comme organisé comme les abeilles, la vie serait simple. L'organisation sociale serait dépendante du physique, née reine, tu es reine, née ouvrière, tu es ouvrière. Une ouvrière n'est pas apte à pondre des œufs. Chez les humains, la quête du pouvoir est apparemment une question de tempérament ou des frustrations de jeunesse. Certains ne semblent vivre que pour cela, d'autres ne sont pas du tout intéressés. Le pouvoir est également sujet à contestation (sauf si le pouvoir est bien sûr d'origine divine). "Pourquoi il est chef et pas moi...?" disent les enfants lorsqu'ils jouent...
Petite réflexion au passage. J'imagine que tous mes lecteurs connaissent,
au moins de loin, des jeux comme Sim City. Imaginez que vous êtes au
pouvoir dans une société. Comment l'organisez vous ?. Entre anarchie et
dictature, quelle voie prendre ?. Peut-on laisser toutes les libertés,
peut-on toutes les supprimer. Quelle est la juste voie ? Comment ajuster
les lois de la société pour la faire prospérer au mieux ? Il est évident
qu'il faut un certain nombre de lois acceptées et respectées par tous.
Mais aujourd'hui on pourrait imaginer que ces lois soient définies par
nous, plutôt que par un être surnaturel qui n'existe pas. Surtout
lorsqu'elles sont évidemment immorales (pas de préservatifs, c'est
contraire à la religion... quelle bande de tarés...).
L'astrologie dans tout ça :)
A l’époque, on l’aura compris, l’astrologie (donc l’idée aujourd'hui
profondément débile qu’il existe une relation entre ce qui se passe dans
l’univers et la vie d’au moins quelques personnes sur Terre) dérive
directement de ces coïncidences observationnelles. En Mésopotamie,
lorsqu’un événement anormal se produit dans le ciel, le roi part en
voyage, on nomme un roi de remplacement, et lorsque la situation semble
redevenue normale, on tue le roi de remplacement (preuve que quelque chose
devait bien se passer), et le roi officiel revient au pouvoir. A l’époque,
évidemment l’astrologie ne concerne que les puissants, le commun des
mortels est beaucoup trop commun pour avoir une quelconque relation avec
les astres. Les preuves que l’astrologie ne fonctionne pas sont
nombreuses. Avant tout, notre vision du monde (celle des astronomes) nous
enseigne que les étoiles sont, pour les plus proches, à des centaines de
milliers de milliards de kilomètres de nous. L’univers est tellement grand
qu’il est complètement idiot de penser que les étoiles (rien d’autre que
des boules de gaz) influencent notre vie. L’astrologie actuelle en Europe,
celle des horoscopes dans les magazines pour sous développés du bulbe
rachidien, est issue des mésopotamiens. Elle divise le plan dans lequel
les objets du système solaire se déplacent en douze constellations. Dans
la vision astrologique, les constellations ont 30° de large. Dans la
réalité, d’une part la plupart de ces constellations ne sont que des
groupes d’étoiles qui n’ont aucune relation avec leur nom, et surtout
elles sont très irrégulières, le soleil passant par exemple seulement 7
jours dans le scorpion, mais 44 dans la vierge. Les étoiles n'ont pas des
tailles identiques, elles sont en fait divisées en deux groupes, les
étoiles naines, et les étoiles géantes, il n'existe pratiquement aucunes
étoiles de "taille intermédiaire". Les étoiles faibles, comme le soleil,
ne sont visibles que à faible distance. L'étoile la plus proche du soleil,
qui s'appelle Proxima Centauri n'est même pas visible dans une paire de
jumelles, les étoiles géantes (voir super géantes) par contre se voient
de beaucoup plus loin. Au delà de 30 années lumières, le soleil n'est plus
visible à l'oeil nu, et la plupart des étoiles que nous voyons à l'oeil nu
sont en règle générale de grosses étoiles très brillantes et très
lointaines, d'où on ne peut absolument pas voir le soleil, et encore moins
la terre, et encore moins imaginer qu'il y a quelque chose à la surface de
la terre.
Pour que l’astrologie fonctionne il faudrait que:
- Ces étoiles aient une quelconque conscience de la présence de la Terre.
Hors la plupart des étoiles qui forment les constellations du zodiaque
sont bien au delà des 30 années lumières au delà desquelles le soleil
n'est même plus visible à l'oeil nu, donc encore moins la Terre, et encore
moins ce que fait madame Michu à l'instant présent. Si Mme Michu fait
quelque chose, au mieux une étoile ne peut le "savoir" que n années plus
tard, et comme c'est une boule de gaz, elle ne sait pas, elle n'a pas de
conscience, mais l'information lui arrive alors que Mme Michu est
vraisemblablement déjà décédée, c'est quand même balot... (si l'étoile est
à 10 années lumière, l'information arrive au mieux 10 plus tard à la
distance de l'étoile, si elle est à 100 années lumière, madame Michu est
déjà morte lorsque l'information arrive à l'étoile).
- Les étoiles d’une constellation (qui sont toutes à des distances différentes) sachent que nous les voyons de telle ou telle façon (comme un poisson, comme un bélier, etc….). Ce qui est assez loin d'être le cas, puisque la plupart de ces constellations ne sont que quelques étoiles auxquelles on a donné un nom qui n'a absolument rien à voir avec leur forme éventuelle. Les étoiles qui forment la constellation de la Vierge par exemple sont dans un rapport de 11 au niveau distance. Dit en clair, l'étoile la plus lointaine qui constitue le vague dessin que l'on appelle la Vierge est 11 fois plus lointaine que l'étoile la plus proche, d'où en fait on n'aperçoit déjà plus le soleil...
- Qu’elles sachent ce qu’est un poisson, un bélier ou une vierge
- Qu’elles connaissent la date de naissance d’un peu plus de 7 milliards d’êtres humains.
- Qu'elles connaissent en temps réel ce qui se passe sur Terre ce qui est contraire aux lois les plus basiques de la physique.
- Que de plus elles aient un quelconque intérêt à ce qui se passe dans votre vie et décident d’influencer votre vie et qu’elles aient un moyen de le faire…
- Que les étoiles qui sont dans le plan de l'écliptique aient un quelconque pouvoir magique, alors que toutes les autres en soient privées.
Si a priori quelque chose se passe par exemple dans votre couple (votre partenaire vous trompe par exemple), il est nettement plus probable que quelque chose soit problématique dans votre relation, plutôt que d'imaginer que quelques étoiles situées à des millions de milliards de kilomètres vous en veuillent réellement, et principalement parce que vous êtes né alors que les les planètes du système solaire dont par ailleurs elles ignorent tout étaient dans une position donnée. Si par ailleurs vous persistez à imaginer que « c’est la faute des étoiles », votre partenaire avait certainement raison de vous quitter, burne que vous êtes. L’astrologie bien sûr date de l’époque de l’alchimie, et il y a évidemment des signes d’eau, de terre, de feu et d’air. De la même manière qu’aucun chimiste actuel voit encore la nature en termes de 4 éléments, aucun astronome ne croît à l’astrologie. C’est un des points communs entre astrologie et religion, qui finalement ne valent pas beaucoup plus l'une que l'autre. Mis à part leur naissance commune à partir d’une vision du monde primitive, l’humain se détaxe de ses responsabilités, puisque ses actions ne lui sont pas propres, il est influencé par les « astres », ou les « dieux ». Inch Allah... :)
La vision actuelle de l’univers (dans le monde technologique)
Elle est dépendante de la technologie. Pas de télescopes, pas d’univers.
Meilleurs sont les télescopes, meilleures sont nos observations, et
meilleure notre description de l’univers. De la même façon que l'on ne
découvre pas les cellules et les bactéries sans microscope, on ne découvre
pas l'univers sans télescope...
Une première chose à comprendre est comment fonctionne le processus de
découverte en science. Toute personne, réfléchissant un peu, peut avoir
une idée sur tel ou tel problème dans l’univers. Mais cette idée n’a de
valeur que si elle peut être prouvée. La réponse à une question n'est dans
ce domaine que très rarement évidente (sinon tout le monde y aurait pensé
avant). Dans certains cas, la réponse est même surprenante, ou inattendue.
Le problème est qu'il n'y a souvent qu'une seule réponse correcte et une
infinité de réponses fausses. Même si quelques fois les idées correctes
paraissent de prime abord idiotes (par exemple imaginer que la Terre
tourne alors que l’on voit clairement que ce sont les étoiles qui
tournent), la grande majorité des idées idiotes ne sont pas correctes.
Pour que l’idée survive et soit acceptée par la communauté des
scientifiques travaillant dans votre domaine, puis passe ensuite à la
postérité, il faut qu’elle soit prouvée par des observations. Tant que les
observations ne changent pas, l’idée que l’on se fait du monde ne peut pas
évoluer. Si la théorie peut faire des prédictions qui sont vérifiées par
l’observation, il y a toutes les chances qu’elle soit correcte...
jusqu'aux prochaines observations.
Un point important ici : Nous ne sommes jamais sûr que nos modèles
représentent la "vérité" finie, la science n'est pas religion, elle a au
moins l'honnêteté de connaître ses limites. Ils ne représentent que notre
vision du monde, via nos observations. Si nos observations changent, il
est probable que notre vision du monde change également. Maintenant, tout
aussi important, souvenez-vous du passage sur la science, et les
connaissances, les probables et les frontières. Ce n’est pas parce que
nous ne sommes pas à 100% sûr que le big bang s’est réellement produit,
que nous ne savons pas à 100% que la terre est ronde et qu'elle n'a pas
été crée il y a 6000 ans par un vieux barbu qui n'avait réellement rien
d'autre à faire cette semaine là. Autrement dit, il y a un certain nombre
de connaissances sur lesquelles il est hautement improbable que l’on se
soit trompés et sur lesquelles nous soyons obligés de revenir en arrière
et on peut traiter d’imbécile sans trop de complexe celui qui prétend
aujourd'hui que la terre est plate. Et étant mécréant, on va se gêner,
tiens... :)
Il faut évidemment être capable par le calcul de modéliser l’observation
pour voir « si ça marche ». Hors, pas de calcul, pas de science. Mieux,
pas de nombres pas de science. La science moderne n’aurait pas pu se
développer sans les chiffres arabes. Florence Trystram dans son livre « le
pape de l’an mil » cite le fait que à cette époque dans les universités
européennes, les étudiants de dernière année après auparavant avoir appris
le latin et le grec, les auteurs de l’antiquité, la rhétorique, la
philosophie, etc… apprenaient à faire, enfin… des multiplications.
Soit multiplier MDCCCXXXVII par DXXIV. On entrevoit le problème…
Donc 1837 par 524. Racine carrée de CCCXXIX anybody ?
A partir du moment où les européens acceptent d’utiliser le système de
numération arabe (qui vient en grande partie de l’Inde, notamment
l’utilisation du 0), la science peut exister. A partir du moment où un
système permet à des enfants de faire des multiplications, les adultes
pourront inventer la trigonométrie, les logarithmes, les intégrales, les
équations différentielles, etc…
Il n’y a pas de branche scientifique qui se développe seule, l’astronomie
ne se développe pas sans l’optique, la chimie, les mathématiques,
l’informatique, la mécanique, la mécanique céleste, la mécanique
quantique, la physique nucléaire, etc….
Un facteur qui reste important est la taille de la société et les
capacités de communication à l’intérieur de cette société. L’Europe du
début du vingtième siècle est un groupe de 400 millions d’habitants et, en
étant généreux, parmi ces 400 millions d’individus, 40 personnes du
calibre d’Einstein. Un Einstein tous les 10 millions d’habitants. Un
village ou une tribu de 1000 personnes (400000 fois moins) aura une
probabilité de faire naître un Einstein tous les 10000 siècles…. La
science et le progrès ne se développent pas dans des petits groupes
isolés. Il faut des moyens importants donnés aux personnes créatives et un
brassage des idées généralisé à grande échelle. Si les européens ont
« envahi » le monde c’est leur nombre qui leur a permis et l'utilisation
des animaux domestiques (le cheval notamment, qui a été si important dans
les transports). Ce nombre a permis d’avoir un nombre suffisant de
créatifs communiquant entre eux et les moyens de développer la
technologie. Évidemment une invention n’est intéressante que si partagée.
L’internet aujourd’hui a révolutionné la manière de travailler des
scientifiques, mais dès 1800, ils se réunissaient déjà en congrès de façon
à échanger les informations.
Au cours de l’histoire récente, c’est très souvent l’association d’un
scientifique génial et d’une instrumentation nouvelle qui a permis les
progrès. Aujourd’hui, le scientifique ne travaille plus seul, mais en
équipe (sous la direction d’un investigateur principal, le P.I. des
anglophones) mêlant chercheurs et ingénieurs. Toute nouvelle
instrumentation reste porteuse de découvertes. La liste qui suit est une
sélection personnelle et incomplète de ceux qui nous amené à la vision
actuelle de l'univers, en commençant à la sortie du moyen âge. Avant la
Renaissance, à part les grecs, il n'y a rien. J'évoquais ce thème au
début. A la fin de l'antiquité, il y a presque tous les éléments pour
permettre une révolution industrielle (il manque peut être l'or de Bolivie
?). Et tout s'écroule, et la religion prend le dessus pour plusieurs
siècles (en gros, les premiers pas sont faits en 1500 en Europe, et sont
encore assez loin d'être faits dans les pays musulmans).
Le cas Giordano Bruno
Bruno est un cas dans l’avancement des idées en science.
Il n’est pas un observateur, ne touchera jamais un télescope, qui n'est
inventé que 8 ans après sa mort. C’est aussi ce que l’on appellerait
aujourd’hui un barjo. Il est le contre-exemple parfait de ce que je viens
juste d’expliquer. C’est un moine, il croît en l’astrologie (ça fait déjà
un bon cumul). Mais dans toute sa production, la première vision moderne
de l’univers. Il part sur des idées simples qu’il extrapole correctement.
Il est copernicien (donc le soleil est au centre de l’univers), et il
comprend que le soleil n’est qu’une étoile. Donc dieu étant tout puissant,
va forcément créer un univers infini, rempli d’une infinité d’étoiles. Il
va comprendre, correctement, que si l’univers est rempli d’étoiles, nous
ne voyons que les plus proches. Galilée sera le premier à voir que la voie
lactée est faite d’un très grand nombre d’étoiles qui sont trop lointaines
pour être visibles à l’œil nu. Dieu ne va pas faire un nombre infini
d’étoiles et ne placer des planètes qu’autour d’une seule. Et de la même
façon, dieu ne va pas placer des êtres vivants autour d’une seule planète
autour d’une seule étoile. Donc Bruno postule y a d'autres planètes autour
des autres étoiles, et qu’il existe des civilisations extraterrestres dans
l’univers, ce qui pour l’époque est très surprenant. Il sera brûlé vif en
1600 pour ses idées "hérétiques" et pourtant si justes. L’église n’a pas
ré-ouvert le procès Bruno. Pourtant sa vision du monde est largement moins
débile que celle qui est proposée par la bible. Aux galaxies près (les
étoiles sont regroupées en grands groupes qui s’appellent des galaxies),
la vision de Bruno est correcte. Me reviens en tête la chanson de Guy
Béart "le premier qui dit la vérité...", les petits jeunes, ne cherchez
pas, ce n'est pas de votre époque... :)
Kepler et les observations de Tycho Brahé
Comme Bruno, Kepler traîne lui aussi la crasse antique,
astrologie, etc… Mais il est le fondateur de l’astronomie moderne. Il est
copernicien (ce qui expliquera une partie de ses différents avec Tycho
Brahé qui ne l’est pas). Au passage Tycho Brahé se prononce Touco Brah
(j’ai des clients danois qui insistent sur cette prononciation correcte).
Tycho va au cours de sa vie accumuler des mesures des positions des
planètes d’une qualité inégalée (sans télescope), et Kepler sera celui qui
va les analyser et surtout les comprendre. Le mouvement apparent des
planètes dans le ciel est une série de boucles annuelles, impossibles à
expliquer simplement avec une terre au centre de l’univers. Même en
plaçant la terre au centre, un mouvement circulaire des planètes autour du
soleil est impossible à représenter avec précision. La seule explication
correcte, que Kepler découvrira au terme d'années d'efforts, est que les
planètes se déplacent sur une orbite elliptique. Après Kepler la vision du
système solaire est correcte. La terre est la troisième planète dans le
système solaire, Kepler a énoncé les lois que la gravitation universelle
de Newton va démontrer. C’est là aussi une des premières fois qu’on voit
apparaître des équations pour décrire l'univers.
Galilée et sa lunette
Galilée va être le premier humain à tourner une lunette
vers les étoiles, et il va découvrir les bases de notre connaissance du
système solaire, va faire les observations qui à terme prouvent que la
Terre est une planète (elle est ronde et éclairée par le soleil comme les
autres planètes). Il va non seulement améliorer sa lunette mais aussi
l'utiliser pour observer tout ce qui sera à sa portée. Il va interpréter
correctement ses observations et sera un vulgarisateur de ses découvertes.
Ses livres sont réimprimés dans l’Europe de son temps, ce sont ce que l’on
appelle aujourd’hui des best sellers. D’où les problèmes avec les
autorités religieuses de l’époque. Ses lunettes sont de mauvaise qualité
(il est dit que sur la soixantaine d’instruments qu’il fabriquera,
seulement une poignée donneront des images correctes) mais elles sont
tellement meilleures que l’œil humain. Le fait que l’on réalise que la
lune possède des montagnes, donc que c’est un terrain sur lequel on
marchera certainement un jour, « désacralise » les astres.
Newton
Je ne sais pas quelle part les observations de Galilée
ont dans la science de Newton, mais il semble évident que le fait que la
lune soit « une autre terre » (Galilée dit « la lune est terreuse ») et le
fait qu’on commence à comprendre que la terre est une planète (donc un
objet astronomique) fait qu’un Newton peut énoncer sa loi de la
gravitation « universelle », donc qui s’applique à la terre comme au ciel.
La trajectoire de la pomme qui tombe de l’arbre se calcule avec la même
équation que celle qui décrit le mouvement de la lune autour de la Terre,
ou de la Terre autour du soleil, etc… C’est un progrès immense dans notre
vision de l’univers. En France, le livre de Newton est traduit par la
marquise du Châtelet à l’instigation et avec l'aide de Voltaire. Le ciel
n’est plus un endroit magique, et il est probable que il n’y a pas de
dieux. Si le roi n’est pas de droit divin, il n’est d’aucun droit. La
révolution française n’aurait pu se faire avant Galilée et Newton. 2
lentilles à l’extrémité d’un tube, et la guillotine… (et surtout un
changement profond de la société qui a pris des siècles à se stabiliser).
Par ailleurs, Newton va passer des années à étudier l'alchimie, les textes
sacrés (quel gaspillage de cerveau :) ). En proportion, il fait très peu
de science, mais ce qu'il fait est fondamental. A la fin de sa vie il
refuse les "saints sacrements". Pour moi, cette image montre la transition
d'une société qui passe de la superstition à la science.
Friedrich Bessel et l’héliomètre de Fraunhofer
Au début du 19ème siècle on commence à savoir fabriquer
de bons objectifs pour lunettes, et les résultats ne tardent pas.
Friedrich Bessel à l’observatoire de Königsberg (actuelle Kaliningrad,
enclave russe en dessous des pays baltes) sera le premier à mesurer la
distance d’une étoile par la méthode de la parallaxe. On comprend alors
que les étoiles sont très très lointaines. Donc, logiquement, très très
brillantes puisqu’on peut les voir à l’œil nu à de telles distances. En
faisant le calcul, elles doivent être aussi brillantes que le soleil, donc
ce sont des soleils.
Karl Fraunhofer et le spectrographe
Le même Fraunhofer qui fera de si bons objectifs va aussi
développer la technique clé de l’astronomie actuelle, à savoir la
spectroscopie. En dispersant la lumière grâce à un prisme, on peut se
livrer à une analyse chimique de la source que l’on observe, on peut
également mesurer sa vitesse, sa pression, etc… Sans spectroscopie, point
d’astronomie. La grande découverte de la spectroscopie, postérieure à
Fraunhofer, est que l’univers est fait des mêmes atomes, sur Terre comme
dans le reste de l’univers. Sauf un atome récalcitrant qu’à l’époque on
identifie sur le soleil et pas sur Terre, et que l’on nomme « hélium »
pour cette raison. On le découvrira sur Terre seulement en 1910... (à
modifier).
Lord Rosse et son télescope
En Irlande vers 1845, Lord Rosse et son épouse
construisent le plus gros télescope du monde, il permettra la découverte
des nébuleuses spirales. Au départ, les télescopes sont tellement mauvais
que les astronomes voient des objets flous, qu’ils nomment « nébuleuses ».
Au fur et à mesure que l’optique progresse, on comprend que certaines
nébuleuses sont des amas d’étoiles. Puis la spectrographie prouve que
d’autres nébuleuses sont des masses de gaz émettant de la lumière, et il
reste des nébuleuses «irréductibles » selon l’expression de l’astronome
français Camille Flammarion. Les spirales sont irréductibles et on n’en
voit aucune dans la voie lactée (il y a tellement d’étoiles que les
galaxies en arrière-plan sont invisibles).
Einstein et l'interféromètre de Michelson
Michelson est un opticien américain qui réalisera
plusieurs expériences. Une d'entre elle montre que la vitesse de la
lumière est constante. Autrement dit, imaginez l'expérience suivante: Je
suis dans un vaisseau spatial qui voyage à 10000km par seconde. Je vais à
l'avant du vaisseau spatial, tel Léonardo di Carpaccio dans le Titanic, je
pointe un laser dans la direction où se déplace mon véhicule. De prime
abord, on pourrait penser que la lumière du laser va à sortir à 310000
kilomètres par secondes (vu par un observateur extérieur qui regarderait
la fusée passer). De la même façon, si je vais à l'arrière du véhicule,
que j'allume mon laser, la lumière devrait sortir à la vitesse de 290000
kilomètres par seconde. A la limite, si la fusée va à la vitesse de la
lumière on pourrait imaginer la lumière sortant à 600000 kilomètres par
seconde à l'avant, et restant sur place si j'éclaire vers l'arrière.
L'expérience de Michelson montre quelque chose de bizarre, la vitesse de
la lumière est constante, et donc si j'éclaire à l'avant, comme à
l'arrière, la lumière part dans les deux cas à 300000 kilomètres par
seconde quelle que soit la vitesse de la fusée. Là encore, comment se fait
ce... ? L'explication d'Einstein est simple, plus je vais vite, plus le
temps ralentit. Et donc tout s'explique. Bizarrement, certes, mais
s'explique. L'idée est géniale, et pire encore, prouvée par de nombreuses
autres expériences par la suite. Ses idées replacent la théorie de la
gravitation de Newton dans un cadre plus large. Lorsque les conditions
sont "normales" la gravitation de Newton est une bonne approximation,
lorsque les vitesses augmentent et se rapprochent de la vitesse de la
lumière, la théorie d'Einstein la remplace. Les théories d'Einstein sont
d'une richesse incroyable, qui trouvent, même si la grande majorité du
public ne s'en rend pas compte, énormément d'applications pratiques dans
la vie de tous les jours.
Edwin Hubble et les télescopes de Georges Ellery Hale
Vers 1910 avec les progrès de l’optique et de la
photographie. On construit aux États-Unis les premiers télescopes géants.
Et avec la photographie, on va, en accumulant la lumière durant de longues
poses pouvoir enfin voir des étoiles nettement plus faibles que celles que
l’on peut voir dans le même télescope en observant à l’œil. On va
découvrir que les nébuleuses spirales sont en fait formées d’une multitude
d’étoiles très très faibles. C’est Edwin Hubble en 1924 qui apporte la
preuve que ces étoiles ne sont pas très très faibles, mais très très
lointaines. La voie lactée est notre galaxie, et l’univers est encore plus
grand, peuplé d’autres galaxies. On parle alors de distances en millions
d’années-lumière. La seconde grande découverte de Hubble, publiée en 1929
est que, à grande échelle, (au-delà de 50 millions d’années-lumière) les
galaxies s’éloignent de nous. Toutes. C’est une découverte réalisée
évidemment avec un spectrographe. Ce phénomène s’appelle l’expansion de
l’univers. Elle n’agit qu’à très grande distance, les étoiles de notre
galaxie ne sont pas soumises à l’expansion de l’univers, pas plus que vous
ne serez plus grand en ayant terminé la lecture de ce texte à cause de
l’expansion. Hubble mettra beaucoup de temps à admettre sa découverte,
tant elle semble bizarre pour l’époque. On pense que l’univers est fixe,
et le voir en mouvement dérange… Si les galaxies s’éloignent les unes des
autres, c’est que dans le passé elles étaient encore plus proches les unes
des autres. En extrapolant l’expansion de l’univers, on arrive forcément à
l’idée d’une explosion primordiale, selon l’expression de l’abbé belge
Georges Lemaitre qui sera un des premiers à comprendre le concept du « big
bang ». Nous reviendrons sur cette idée fondamentale plus tard.
Fritz Zwicky et Palomar
Un autre barjo dans l’astronomie. Dès 1930 cet astronome
suisse travaillant à Caltech (Pasadena Californie) va faire une découverte
importante. Lorsque l’on mesure la brillance d’une galaxie, on peut la
comparer à la brillance du soleil. Telle galaxie brille comme 100
milliards de soleils. On pourrait dans un premier temps imaginer que si la
galaxie brille comme 100 milliards de soleils, c'est parce qu'elle est
constituée de, et donc « pèse » 100 milliards de soleils. Zwicky, en
mesurant la vitesse des galaxies dans les amas de galaxies, va se rendre
compte que cette manière de procéder sous-estime la masse des galaxies
d’un bon facteur 10. Hors toute matière émet une radiation, dont la
distribution en longueur d’onde est reliée en à la température. Donc il
doit y avoir dans et autour des galaxies un type de matière qui n’émet pas
de radiation, ce que l’on appelle aujourd’hui faute de mieux la matière
noire.
Gamow et la fusion nucléaire.
A la fin de la seconde guerre mondiale on connaît assez
bien la nature des atomes, et on va enfin comprendre ce qu’est une étoile,
et comment elle fonctionne. Une des choses dont on est sûr à l’époque est
que les étoiles ne sont pas des « boules de feu », autrement dit ne sont
pas les produits d’une combustion, dit encore autrement que les étoiles ne
sont pas des boulets de charbon qui brûlent… faute d’oxygène… On imagine
que le soleil est une boule de gaz en compression (lorsque l’on comprime
un gaz, sa température augmente). On imagine des durées de vie du soleil
de 30000 ans, ce qui paraît beaucoup mais est largement insuffisant. Mais
on ne sait pas encore expliquer le fonctionnement des étoiles. Comment
peuvent-elles émettre autant d’énergie chaque seconde (le soleil émet 3,8
10 puissance 20 joules chaque seconde) et ce pendant des milliards
d’années. Avant de comprendre le fonctionnement des étoiles il faudra
comprendre un minimum de physique nucléaire, et connaître le fameux :
E=mc² de la relativité restreinte. Une étoile est une énorme boule de gaz.
Le soleil mesure 1,5 millions de kilomètres de diamètre, il possède une
masse de 2 10 puissance 30 kilogrammes. Comme on peut l’imaginer la
pression au centre du soleil est énorme, de l’ordre de 250 milliards
d’atmosphère. Sous des pressions aussi énormes, les atomes d’hydrogène (un
proton, positif et un électron, négatif) sont amenés à fusionner. La
fusion des noyaux des atomes s’appellent une fusion nucléaire, ou fusion
thermonucléaire. 4 atomes d’hydrogène donnent un atome d’hélium. 4 atomes
constitués chacun d'un proton et d'un électron vont donner un nouvel atome
dont le noyau est constitué de 2 protons et 2 neutrons (ces deux neutrons
étant faits à partir de 2 protons et 2 électrons) et entouré de 2
électrons. Cette réaction dégage énormément d’énergie. Il s’avère que
l’atome d’hélium obtenu par la fusion des 4 atomes d’hydrogène est un peu
moins massif qu’eux. Cette petite différence de masse a été transformée
durant la fusion en énergie en suivant la fameuse équation E=mc². Chaque
seconde le soleil transforme 600 millions de tonnes d’hydrogène en 596
millions de tonnes d’hélium. 4 millions de tonnes sont transformées en
énergie. Pour donner une idée, la bombe d’Hiroshima était équivalente à la
transformation d'un gramme de matière en énergie. La masse du soleil est
de 2 10 puissances 30, et une « perte » de seulement 4 10 puissances 9 de
matière chaque seconde explique que le soleil brillera encore pendant des
milliards d’années. Nous avons compris et continuons à apprendre
progressivement d’une part la nucléosynthèse primordiale (comment se
forment les atomes au début de l’univers) et d’autre part la synthèse des
atomes les plus lourds dans l’univers. Nous avons compris également que
nous sommes les produits de l’évolution stellaire. Au départ de l’univers,
ne se créent que des atomes d’hydrogène hyper simples (un proton, un
électron), et une toute petite proportion d’atomes d’hélium (2 protons, 2
neutrons, 4 électrons). Le reste sera formé dans le cœur des étoiles (voir
le cours d’astrophysique stellaire le plus court du monde, non encore
inclus ici, mais ça viendra).
Michel Mayor et les fibres optiques
La spectrographie, grâce à l’effet Doppler permet de
mesurer la vitesse radiale des étoiles (la vitesse à laquelle elles
s’éloignent ou s’approchent de nous, le mouvement transversal s’appelant
le mouvement propre des étoiles). Un groupe d’astronomes suisses travaille
depuis les années 1970 sur la structure de la galaxie, notamment par la
mesure de la vitesse radiale d’étoiles. Ils utilisent à partir de 1977 un
spectrographe à corrélation qui permet des mesures à une précision de 500
mètres par seconde. Cet instrument, CORAVEL permis de nombreuses avancées.
Cet instrument était monté directement sur le télescope, donc il était
malgré tout soumis à de nombreuses flexions suivant la position pointée
par le télescope, et des dilatations liées aux changements de températures
durant la nuit. Les nouvelles générations de spectrographes seront donc
reliées au télescope via une fibre optique, et le spectrographe placé dans
une chambre thermostatée. Les spectrographes actuels sont placés sous
vide, avec une régulation de température meilleure que le centième de
degré, et la lumière des étoiles provenant du télescope arrive au
spectrographe via une fibre optique. L’instrument le plus précis
actuellement est le spectrographe HARPS utilisé sur le télescope de 3.6m
de l’ESO et possède une précision inférieure au mètre par seconde et a
permis la détection de centaines d’exoplanètes.
Lorsque l’on explique que les planètes tournent autour du soleil, c’est
presque vrai. En fait, tout, y compris le soleil, tourne autour du centre
de gravité commun du Système solaire. Si on imagine un système solaire
simplifié, avec le soleil et Jupiter, il s’avère que le soleil tourne
autour d’un point qui est proche de sa surface. Si on observait un tel
système de l’extérieur, on ne peut évidemment pas « voir » directement ce
Jupiter (la lumière réfléchie par Jupiter est de l’ordre de 10 milliards
de fois plus faible que la lumière du soleil), mais si on mesure
précisément la vitesse du soleil, on verra qu’elle oscille autour d’une
valeur moyenne, le soleil « s’éloignant » de l’observateur durant 6 ans,
puis se « rapprochant » de l’observateur pendant 6 ans. Cette variation
sinusoïdale de la vitesse de l’étoile traduit la présence d’une planète
autour de l’étoile. Pour l’instant, on ne peut détecter que des planètes
assez massives. La terre par exemple produit un changement de vitesse
radiale du soleil de l’ordre de 10cm par seconde au mieux. Avec cette
technique on montre donc qu’il existe de nombreuses planètes dans la
galaxie (de l’ordre de 5 milliards). La question qui suit est de détecter
des planètes de la taille de la Terre, à la bonne distance (ni trop chaud,
ni trop froid), et dans le futur espérer montrer qu’il existe d’autres
formes de vies dans l’univers.
Petit calcul rapide :
La masse du soleil est de 1,98892 × 10^30 kilogrammes, celle de Jupiter
est de 1,8987 × 10^27 kilogrammes, donc les deux sont dans le rapport
1047,5. On a également le même rapport entre la distance du centre du
soleil au centre de gravité du système « soleil+jupiter » et la distance
du centre de Jupiter au centre de gravité des deux. De plus, la distance
moyenne soleil Jupiter est de 778 412 027 kilomètres. Si on appelle "a" la
distance soleil au centre de gravité du système et "b" la distance
Jupiter-centre de gravité, on a :
a+b=778 412 027 et b/a=1047,5 ou b=a*1047,5
Si on remplace b dans la première équation par a*1047,5
On obtient : a*1048,5=778412027
D’où a = 742393,5 km
Le rayon du soleil est de 695 500 kilomètres, donc on voit que le centre
de gravité du système soleil Jupiter est un peu plus loin que le « bord »
du soleil.
Si on observait un tel système solaire d’une autre étoile, on verrait le
soleil tourner autour de ce point, donc osciller de 1484787 km en un peu
moins de 12 ans (Jupiter tourne autour du soleil en 11 ans et 315 jours).
Le temps que met Jupiter pour tourner autour du soleil est donc de
3745746289 secondes. C’est le même temps que met le soleil pour tourner
autour du centre de gravité commun des deux astres. Le soleil parcours un
cercle (pour simplifier, en vérité il 'agit d'une ellipse) dont le
diamètre vaut : 2*pi*742393,5 km soit 4664596 km. A la vitesse de
4664596/3745746289 km/sec soit 1,24 mètres par secondes dans le meilleur
des cas.
Saul Perlmutter et le télescope spatial Hubble
Une des idées fausses de la cosmologie des années 1970
est la suivante : S’il y a une grande quantité de galaxies dans l’univers,
l’expansion de l’univers doit lentement mais sûrement ralentir (chaque
galaxie est liée à ses voisines par la gravitation et « freine »
l’expansion de l’univers). Donc on peut imaginer, en fonction de la masse
de l’univers un big bang, suivi d’une phase d’expansion, ralentie jusqu’à
s’arrêter. A partir de là, la gravitation devrait agir et provoquer une
contraction, pour arriver dans un futur très lointain à un Big Crunch.
Plusieurs équipes, dont celle de Saul Perlmutter, utilisent les meilleurs
télescopes sur la planète pour mesurer la vitesse d’expansion de l’univers
lorsque l’on remonte dans le temps (donc dans le passé). Ils utilisent
pour cela les supernovæ. Un type précis de ces supernovæ explosent
toujours à la même phase de leur évolution, et brillent (ou sont censées)
briller avec le même éclat au maximum. La mesure de la vitesse de
récession de la supernova, reliée à sa brillance permet d’obtenir permet
de sonder la vitesse d’expansion de l’univers à différentes distances. La
découverte majeure de la fin du siècle dernier est que ces mesures
impliquent que l’expansion de l’univers accélère avec le temps. Le
problème étant de savoir ce qui peut causer cette accélération. La théorie
actuelle est que cette accélération serait causée par une force répulsive,
appelée énergie sombre ou énergie noire. Si on applique la relation
d’équivalence entre masse et énergie, on estime aujourd’hui (depuis 1998)
que 75% de l’univers est constitué d’énergie noire, 20% de matière noire,
et seulement environ 5% de « notre » matière. Évidemment ces observations
sont encore dans le domaine du "probable", mais elles remettent en cause
en partie l'existence même du big bang. Ce modèle (celui du big bang) a
été imaginé à partie de la matière connue dans l'univers à l'époque, donc
basée sur 5% de l'univers, et personne n'a une idée précise du
comportement de la matière noire et de l'énergie noire dans la phase
condensée (éventuelle) du début de l'univers. Le Big Bang reste malgré
tout la théorie la moins vaseuse sur la création de l'univers, en
attendant d'autres progrès observationnels. (Ce paragraphe a été écrit en
Février 2011, c'est à dire avant l'attribution du prix Nobel de physique à
Perlmutter et deux autres astronomes en 2012).
Quelques questions.
Un florilège des questions qui reviennent le plus souvent durant mes
tours. Les lignes qui suivent sont évidemment, rappelons-le, la réponse
d'un astronome mécréant à ces questions. Je mettrais à jour ces pages
lorsque j'ai du temps.
L'attraction de la lune : Voir ici
La position des planètes et l'astrologie
Les alignements planétaires : Je vous encourage à lire la page suivante, qui parle de l'alignement planétaire de Mai 2011, et qui explique assez bien ce qu'il faut penser des terrrrribles alignements planétaires...
Les impacts d'astéroïdes : Voir ici
2012, les mayas et la fin du monde : Dépêchez vous, ce paragraphe va bientôt devenir caduque. Voir ici
Les OVNIS et la vie extraterrestre
Les trous noirs
Les 100% sûrs...
Il y a deux classes de choses que nous savons. Le positif et le négatif. Celles dont nous sommes sûrs qu'elles sont vraies et celles dont nous sommes sûrs qu'elles sont fausses.
Dans ce qui est vrai :
- La première constatation: il est beaucoup plus complexe que ne le laisse
le deviner l’observation du ciel à l’œil nu. BEAUCOUP.
- La seconde est que les distances sont tellement grandes qu’elles en
sont, pour nous, impossible à appréhender. La lune est à 400000 km de
nous. Qui peut avoir une idée concrète de ce que représentent 400000km… ?
Pour y aller à l’époque des missions Apollo, le voyage durait trois jours.
La lune est à 1 seconde un tiers de lumière. Le télescope spatial ou
encore le VLT photographient des galaxies à 13 milliards d’années-lumière.
Si nous ne pouvons pas imaginer 400000km concrètement, que veulent dire 13
milliards d’années-lumière pour nous. L’étoile la plus proche du soleil
est Proxima du Centaure. Les fusées les plus rapides dont nous disposons
aujourd’hui vont à environ 15 kilomètres par seconde. 15 kilomètres par
seconde me permettrait de faire le voyage de Santiago à Paris en un peu
moins de 13 minutes… Pour aller à l’étoile la plus proche de nous à cette
vitesse-là, le voyage prendrait 80000 ans. Autrement dit, nous n’irons pas
vers les étoiles avec la technologie actuelle. Probable en fait que
l'humain ne fera jamais le voyage et que peut être un jour nous pourrons y
envoyer des robots... ?
- Nous avons découvert progressivement un univers structuré. On peut le comparer (vu de chez nous) à un système de poupées russes:
Nous sommes sur Terre.
La Terre est une petite planète du système solaire. Celui-ci est
principalement le soleil (99,3% de la masse totale du système solaire) et
de 8 planètes (0.7% de la masse totale du système solaire). Il y a 4
grandes planètes, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune qui comptent pour
99,95% des 0.7%. Il y a 4 autres petites planètes, Mercure, Vénus, la
Terre et Mars qui comptent pour les 0.05% des 0.7%. La Terre ne représente
que 0.0003% de la masse totale du système solaire… Nous, le centre du
monde, la raison pour laquelle tout a été créé, bonne blague... 0.003% de
la masse du système solaire… Entre Mars et Jupiter, il existe une ceinture
d’astéroïdes, corps beaucoup plus petits que les planètes, et au-delà de
Neptune, une autre ceinture d’astéroïdes dont le plus gros est Pluton,
suivi de milliers d’autres corps plus petits. La distance de la Terre au
soleil est environ de 8 minutes lumière. La distance de Pluton au soleil
est d’environ 6 heures lumière. Le diamètre de l’orbite de Pluton mesure
donc environ une demi-journée de lumière. La terre étant en gros 3.6 fois
plus grande que la lune, depuis la lune, on peut voir la terre dans le
ciel comme une boule 3.6 fois plus grande que notre lune. En allant 10
fois plus loin, la terre n'apparaît plus que comme une petite boule qui
ferait en gros à un tiers de la lune vue depuis la Terre, si je vais
encore 10 fois plus loin, je ne vois plus le diamètre de la terre à l'oeil
nu. De ce point de vue, je vois la terre comme une étoile brillante, comme
nous voyons Vénus ou Mars depuis notre Terre. Si je commence à voyage à
bord d'un vaisseau spatial très rapide (le Falcon Millenium :)), en
arrivant dans les parages de saturne je dois chercher aux jumelles,
quelque part très près du soleil un tout petit point lumineux, d'un vague
bleu pâle qui est la Terre. Le soleil y est une toute petite boule qui est
en gros 10 fois plus petit que par chez nous. Sur Pluton, j'ai besoin d'un
télescope déjà substantiel pour "découvrir la terre". A ces distances là,
le soleil n'est plus qu'un point de lumière très très brillant. Le soleil
ne présente plus aucun diamètre apparent. A la surface de Pluton, le
"jour" est aussi lumineux qu'une nuit de pleine lune sur Terre.
Le système solaire, en fait le soleil (le reste étant négligeable), est
une petite étoile dans une galaxie. L’étoile la plus proche, Proxima
Centauri se situe à 4.22 années-lumière, soit plus de 6000 fois plus loin
du soleil que ne l'est Pluton. Là encore, difficile de se faire une idée
concrète… Le soleil et Proxima du Centaure ne sont que 2 étoiles parmi les
400 milliards et quelques qui constituent notre galaxie. Cette galaxie est
un disque d’environ 100000 années-lumière de diamètre. Si la galaxie
mesurait un mètre de diamètre, Proxima du Centaure serait à environ 40
microns, soit environ la moitié de l’épaisseur d’un cheveu du soleil, or,
avec notre technologie actuelle, il nous faudrait 80000 ans pour parcourir
cette moitié d’épaisseur de cheveux dans la galaxie… Ayant continué mon
voyage à bord du Falcon Millenium, j'ai très rapidement perdu le soleil, à
30 années lumières de celui çi, il me faut déjà un télescope pour le voir.
Je me suis éloigné de la galaxie, je la vois maintenant dans toute sa
splendeur. J'ai oublié depuis longtemps le soleil. Imaginez à nouveau la
galaxie comme une maquette de 1m de diamètre, le soleil est tellement
petit qu'il faudrait s'en approcher à 0.3mm pour le voir sans télescope
(ou sans microscope, dans ce cas là :)). Personnellement j'aime bien ce
genre de vidéos
montrant la taille des étoiles, ou encore celle
là montrant les tailles des objets dans l'univers, du plus petit au
plus grand.
Depuis Edwin Hubble nous savons que cette galaxie n’est qu’une galaxie
parmi environ 100 milliards d’autres. Les images les plus profondes de
l’univers détectent des galaxies dont nous estimons qu’elles sont à 13
milliards d’année lumière. Si notre galaxie mesurait un mètre de diamètre,
les télescopes les plus lointains permettent de voir à 130 km. Mais si la
galaxie mesurait un mètre de diamètre, la Terre aurait en gros la taille
d’un neutron, et un homme de 2m de haut mesurerait… 2 millionièmes de la
taille d’un neutron… Avec cette vision statique, il est déjà difficile
d’imaginer qu’un dieu quelconque aurait été assez stupide pour faire un
univers de plus de 100km de diamètre, de façon à ce que quelque part, sur
un quelconque neutron, et 14 milliards d’années après la création,
pullulent temporairement 7 milliards d’êtres, dont comble de
l’ingratitude, seulement 15% au mieux se sont rendus compte qu'il
existait, c'est-à-dire lui confient leurs gros problèmes métaphysiques, ou
le rassurent régulièrement sur sa grandeur, etc…
De plus, la matière semble ne constituer que 5% de l'univers. Nous savons
que le reste existe, mais il n'émet pas de rayonnement et est donc très
difficile à détecter. A l'inverse, il est évident que non seulement nous
n'existons pas dans l'univers, mais en plus nous sommes constitués d'une
des parties "exotiques" de l'univers. L'essentiel de l'univers n'est pas
la matière dont nous sommes faits.
Vu à très grande échelle l'univers possède une structure spongieuse.
C'est également un des apports des fibres optiques à l'astronomie.
Auparavant, on ne pouvait étudier les galaxies que une par une, en
exposant des plaques photographiques durant des dizaines d'heures. A
partir des années 1990 il a été possible de mesurer le décalage spectral
de centaines de galaxies, et possible de réaliser des "surveys"
importantes permettant de visualiser en trois dimensions l'univers proche.
La plus complète à l'heure actuelle a été réalisée en Arizona et s'appelle
la Sloan Digital Sky
Survey. Elle a utilisé un télescope spécialement construit pour ce
projet qui était muni d'une caméra multicouleur, permettant de recenser
les objets célestes en ayant une idée de leur couleur, et également de
spectrographes à fibre optique (donc permettant d'obtenir le spectre de
640 galaxies simultanèment). Ce projet a permis de gros progrès sur notre
compréhension de l'univers proche, et cerise sur le gâteau, permis cette
animation. Elle montre quelques unes des 930000 galaxies analysées
par la Sloan Survey, jusqu'à 2 milliards d'années lumières. Soit en gros,
en volume, 0.3% de l'univers observable... Chaque tache est une galaxie
comme la voie lactée, qui contient des centaines de milliards d'étoiles
individuelles, et peut être sur quelques planètes perdues, des hordes
d'infimes créatures taigneuses qui ne vont durer qu'une infime fraction de
l'éternité pendant laquelle ils penseront que tout l'univers n'a été fait
que pour eux. Rien de grave, ils ne signifient rien et ne peuvent rien
faire, sauf se faire du mal.
Une dure réalité de la cosmologie est que hélas, plus les objets sont
lointains plus ils sont faibles, et plus ils sont difficiles à analyser
correctement. Conséquence directe de ce fait, plus on s'intéresse à des
objets lointains, plus notre connaissance est fragmentaire et imprécise.
Dans le système solaire, il est possible de faire des mesures à nettement
mieux que le pour-cent. Sur les étoiles proches nous en sommes au
pour-cent. Pour les étoiles lointaines, et certaines nébuleuses de notre
galaxie, il peut y avoir des erreurs d'un bon facteur 2. Au delà, miracle
de la science contemporaine, et du besoin de consensus des chercheurs, ou
besoin de justifier les sommes exorbitantes dépensées dans certains engins
spatiaux, la précision devient nettement meilleure. Ainsi l'âge de
l'univers n'est pas quelque chose entre 10 et 20 milliards d'années, mais
13.72 milliards d'années. En fait, le big bang s'est passé un jeudi matin,
vers 9h30. Toute personne connaissant un peu l'astronomie sait qu'il
s'agit là d'un biais, et que cette valeur de 13.72 est complètement
illusoire. Mais tout en étant illusoire, elle n'est pas pour autant
complétement délirante. On peut comparer cette valeur à la figure de
Jésus, un bon barbu au teint bien blanc avec une bouille bien sympathique.
Personne ne sait réellement si le personnage de Jésus, s'il a existé,
ressemblait à l'image que l'on voit partout aujourd'hui, mais c'est celle
qui fait le plus plaisir à la majorité.
Revenons un instant dans l’antiquité. La terre est plate. C’est donc un
plan. Je suis au centre, je peux définir deux dimensions dans le plan
(devant-derrière, et droite-gauche par exemple). Je peux marcher dans
n’importe quelle direction, et forcèment à un moment, j’arrive au bord de
la Terre, et je tombe dans… autre chose...
Dans les temps modernes nous nous sommes rendu compte que la Terre était
un globe. Donc un volume, à trois dimensions, pas deux. Nous marchons à la
surface d’un globe, mais la Terre est un globe. Il y a une des dimensions
qui nous est interdite (on ne peut pas, sans de gros efforts monter ou
descendre de la surface sur laquelle on est. Cette surface est à la fois
finie (il y a un nombre de kilomètres carrés à la surface de la Terre) et
infinie. On peut marcher droit devant soit, et à condition de marcher sur
l’eau, ce qu'arrivent à faire certaines personnes, continuer ainsi pendant
un temps infini sans jamais arriver au « bord » de la Terre qui n’existe
pas. Un autre point à comprendre est que chaque terrien, n’ayant qu’un
horizon limité à une vision différente de celle de son voisin. Personne
n’a une vision globale de la terre depuis sa surface.
L’univers tel que nous l’observons n’est pas un volume, mais un
espace-temps qui possède 4 dimensions. En regardant autour de nous, nous
voyons un volume, mais qui n’est pas vraiment un volume, puisque plus nous
regardons loin, plus nous voyons dans le passé. Par définition,
l’observateur est au centre. Lorsque je regarde l’étoile Véga de la
constellation de la Lyre, je la vois telle qu’elle était il y a 26 ans,
parce que la lumière que je reçois a mis 26 ans à venir vers moi. 26 ans
parcourus à 300000 kilomètres chaque seconde, et Véga est une étoile
proche du soleil… Lorsque nous observons une galaxie à 500 millions
d’années lumières, nous la voyons telle qu’elle était il y a 500 millions
d’années. Depuis ces 500 millions d’années, la galaxie a fait environ 2
tours et demie sur elle même, a changé de position ( à cause de
l'expansion de l'univers), etc… mais nous ne pouvons pas savoir exactement
à quoi elle ressemble aujourd’hui. Nous ne pouvons la voir que telle
qu’elle était dans le passé. La lumière qu’elle émet en ce moment et qui
nous permettrait de savoir comment elle est n’arrivera sur Terre que dans
500 millions d’années (en fait un peu plus à cause de l'expansion de
l'univers pendant ces 500 millions d'années), ce qui en ce qui nous
concerne ne nous arrange pas. A partir de la vitesse d’expansion de
l’univers mesurée sur les galaxies, nous estimons aujourd’hui que le Big
Bang a eu lieu il y a 13.7 milliards d’années. Plus nous observons
« loin », plus nous remontons le temps. Mais plus les objets sont
lointains, évidemment plus ils sont faibles. Nous n’en recevons
pratiquement plus de lumière et les images les plus lointaines sont
réalisées avec les plus gros télescopes au monde et en accumulant la
lumière durant des poses dont la durée équivalente se mesure en semaines
d’exposition. Au fur et à mesure que nous approchons du big bang, nous
voyons l’univers à une époque où il était de plus en plus petit. La
lumière qui a été émise à cette époque a du voyager pendant des milliards
d’années avant d’arriver sur Terre. Mais pendant le voyage l’univers
continuait à augmenter de taille, et la longueur d’onde des photons (les
« grains » de lumière) a elle aussi augmentée. Au fur et à mesure que l’on
s’approche du big bang, la lumière des objets est décalée vers les grandes
longueurs d’onde, donc la lumière est « rougie », et lorsque l’on arrive
de plus en plus près du big bang, nous le détectons d’abord en infrarouge,
puis ensuite dans les longueurs d’onde millimétrique. C’est ainsi que deux
chercheurs de Bell Laboratories ont, en 1965 découvert ce qui s’appelle le
rayonnement fossile. Peu après le big bang, la température était très très
élevée, mais en augmentant de taille, la température a progressivement
baissée, et l’univers rayonne comme un corps noir ayant une température de
-270° Celsius, soit seulement 3 degrés au-dessus du zéro absolu.
Univers observable et
univers réel…
J’ai expliqué dans le paragraphe précédent que de la même façon dont nous
marchons à la surface d’un volume (la surface de la Terre), nous sommes
dans un espace-temps (4 dimensions), et nous le voyons comme un espace (3
dimensions), mais en sachant que plus nous regardons loin, plus nous
voyons les objets tels qu’ils étaient dans le passé. S’il était faisable
de voir l’univers tel qu’il est au moment où vous me lisez, en temps réel,
c'est-à-dire si la vitesse de la lumière était infinie, l’univers proche
serait quasi identique et l’univers lointain très différent. Souvenez-vous
de la phrase que je donnais dans l’exemple terrestre : « Une autre point à
comprendre est que chaque terrien, n’ayant qu’un horizon limité a une
vision différente du voisin. Personne n’a une vision globale de la terre
depuis sa surface. ». Remplacez là maintenant par « chaque observateur
dans l’univers, ne voyant qu’un horizon limité a une vision différente du
voisin, soit parce qu’il ne vit pas dans le même endroit de l’espace, soit
parce qu’il n’y est pas au même temps ». S’il y avait eu un observateur
muni d’un gros télescope dès le début du système solaire au moment de sa
création, il y a 4.5 milliards d’années, il aurait pu voir le Big Bang à
seulement 9 milliards d’années-lumière de distance. Dans 20 milliards
d’années par rapport à aujourd’hui, le Big Bang sera à 34.5 milliards
d’années-lumière de nous, qui n’existerons de toute façon plus, et en fait
certainement à une distance encore plus grande à cause de l’énergie noire.
Imaginez un instant que nous photographions une galaxie à 10 milliards
d’années lumière. Nous la voyons en « avant plan » par rapport au Big Bang
qui lui est à 13.7 milliards d’années (valeur ridiculement officielle
obtenue avec le télescope spatial Hubble). Mais s’il y avait des
observateurs sur cette galaxie à cette époque, eux ne verraient pas le
même univers que nous. Ils n’auraient pas une partie (celle opposée à la
nôtre par rapport à eux, celle que nous voyons "derrière eux") à 3.7
milliards d’années lumières, et encore moins celle qui pour eux est
derrière nous à 23.7 milliards d’années lumières. Cette lumière ne leur
est pas encore parvenue. Et pour cause, elle arrive seulement chez nous en
ce moment... Eux auraient une vision différente de l’univers, centrée sur
eux-mêmes, et ils verraient tout comme nous l’univers dans leur passé.
Donc s’ils cherchaient à voir la voie lactée, ils pourraient certainement
la trouver, mais dans "leur" passé, dans un temps très ancien,
c'est-à-dire quand la voie lactée venait de se former. Et ils auraient
beau chercher le soleil (qui n’existe que depuis 4.5 milliards d’années)
le soleil n’existait pas encore dans la voie lactée. Donc nous « les »
voyons depuis leur futur.
En fait, tout se passe un peu comme dans un jeu de pacman, ou tout autre
jeu qui se déroule sur un plan. Moi l’observateur, contrôlant mon pacman,
je le vois de « au-dessus », dans la troisième dimension, que normalement,
les autres pacmen ne voient pas. Imaginez-vous dans le plan du jeu, et
vous comprendrez que chaque pacman, quoique vivant dans le même labyrinthe
voit une partie de ce labyrinthe différente. J'ai le grand avantage de
voir le labyrinthe du dessus et peut contrôler mon pacman pour qu'il
échappe aux autres. Dans le jeu, je pense que les autres pacmen ont une
idée de ma localisation puisqu'ils se déplacent vers moi, mais ceci est un
autre débat. Nous sommes dans le même cas, mais dans un univers à 4
dimensions, et il faudrait pouvoir voir en même temps (et c'est le cas de
le dire) le passé et le futur pour avoir une idée correcte de l’univers à
l’instant présent.
Plus amusant, vous êtes Igor et Grichka Skywalker, dans un vaisseau
spatial capable d’aller à une vitesse énorme, et vous décidez d’aller voir
le bord de l’univers, voir ce qu’il y a "de l’autre côté". C'est important
pour vous, car c'est le thème de votre nième nouveau bouquin, et pour une
fois vous souhaiteriez ne pas trop raconter de conneries. Le voyage en
vaut la peine, tellement la question de savoir ce qu'il y avait avant le
big bang vous intrigue (dieu, peut être... :) :) :)). Vous partez, mais
pendant votre voyage, l’univers continue à croître tout autour de vous, si
bien que vous restez en permanence au centre de l’univers observable, quel
que soit la vitesse à laquelle vous vous déplacez, puisque vous vivez...
au présent. Aller voir le « bord » de l’univers, dans notre cas
reviendrait à être capable de remonter dans le temps. Ce qui revient à
dire, si on veut le présenter de cette façon, que la fin de l’univers (la
partie la plus lointaine observable, le « bord » de l’univers) en est le
début : Le big bang, juste après la création de l’univers. Dans la théorie
officielle du big bang, celui-ci est à des températures très élevées au
départ, et ne devient transparent à la lumière qu’environ 380000 années
plus tard, nous observons donc, dans le domaine des longueurs d’onde radio
un « mur » de lumière, en fait une sphére de lumière tout autour de nous
qui est le plus lointain que nous puissions observer. Il y a un autre mur
qui est notre horizon observationnel. Si en ondes radios nous pouvons
"voir" la lumière du big bang, en lumière optique, nous n'y sommes pas
encore. Actuellement les plus faibles galaxies observées sont à environ 13
milliards d'années-lumière, et elles n'apparaissent que comme de toutes
petites taches vaguement floues sur les images les plus profondes faites
avec les meilleurs télescopes au monde. Les galaxies encore plus loin sont
encore plus faibles, et nous ne pouvons pas les photographier avec les
télescopes actuels, donc il y a un horizon observationnel qui ne pourra
être repoussé qu'en construisant des télescopes nettement plus grands, ce
qui est en train d'être fait. Pour l'instant l'image la plus "profonde" de
l'univers est une image du télescope spatial Hubble qui a nécessité la
superposition d'images obtenues pendant un temps équivalent à 23 jours de
pose (2 millions de secondes). Elle s'appelle le "Hubble
Extreme Deep Field"
La vision de l’univers en temps réel (en ce moment) est finalement peu
importante. D’une part, parce qu’elle est très difficile à se représenter,
puisque nous sommes habitués à vivre en 3 dimensions et pas 4, d’autre
part, et c’est le point principal, parce que toute l’information qui nous
provient nous provient à la vitesse de la lumière, que ce soit la lumière
elle-même ou la gravitation. Donc cette représentation d’un univers centré
autour de nous et entouré de la lumière du big bang est finalement la plus
correcte. Le point qui était le big bang est en fait la plus grande
structure possible autour de nous, nous la voyons aujourd’hui comme une
sphère gigantesque autour de nous. Autour de nous, et dans notre passé.
Réservons les visions en 4 dimensions aux astrophysiciens qui calculent
des modèles mathématiques d'univers, eux savent que leur travail n'a peut
être aucun rapport à la réalité de toute façon. Enfin pour les plus
conscients de mes collègues :).
Le problème est que justement ces théories ont bien du mal. Mettez toute
l'énergie de l'univers en un seul point, faites tourner la machine...
et... il ne se crée pas de galaxies... Mieux, l'univers retombe sur lui
même. Les théoriciens sont obligés de recourir à des subterfuges assez
tordus pour que "ça marche". Par exemple, on imagine qu'à un moment donné,
l'univers est passé par une phase d'expansion délirante qu'on appelle
l'inflation. Sauf que l'on a aucune raison physique d'imaginer que
l'univers se mette à exploser littéralement, mis à part que "ça" permet
aux calculs de "coller". De la même façon, certains de ces modèles
théoriques fonctionnent mieux dans un univers à 11 dimensions, et donc on
imagine que certaines dimensions se seraient "recroquevillées" sur
elles-mêmes pour arriver à notre univers à 4 dimensions tel que nous le
connaissons. Il existe aussi la théorie des cordes, dont on nous parle
depuis des années, mais qui n'est appuyée par aucune observation. Nous
n'avons jamais pu observer une corde, ni un bout de ficelle, ni le moindre
lacet de chaussures ou de fil dentaire, rien permettant d'affirmer que la
théorie des cordes est autre chose qu'une théorie. Laissons donc ces
champs aux spécialistes des mégaextrapolations, qui nous diront peut être
au bout du compte que le Big Bang n'a peut être jamais eu lieu... En
attendant, observons plus, comprenons mieux, regardons dans les détails,
et patience...
Si l’on veut s’amuser, on peut se représenter l’univers observable comme
un trou noir creux, vu que lorsque l’on arrive aux frontières de la bulle
observable, la densité de la matière croît exponentiellement. Il est
également intéressant de se poser le problème du champ de gravitation
auquel nous sommes soumis. La Terre, dont nous sommes à la surface
gouverne bien sûr notre champ de gravitation, mais le big bang, même s’il
est très très loin, est centré sur nous, mais avec une masse infinie… Je
vous laisse y penser.
Cette vision, quoique globalement correcte, possède quelques problèmes. Le
big bang est la moins mauvaise de toutes les théories cosmologiques, elle
répond le mieux aux observations (rayonnement fossile, cosmogénèse,…) sauf
aux nouvelles. Le big bang a été imaginé dans un univers constitué de
matière, pas d’énergie noire, pas de matière noire, donc seulement sur les
5% de l’univers qui est la matière comme nous la connaissons. Hors en
l’état des choses (2011), personne ne sait comment évolue l’univers, un
univers avec 95% d’énergie et de matière noire, et seulement 5% de matière
« classique » lorsque l’on se rapproche du big bang et que les
températures deviennent de plus en plus élevées et les pressions de plus
en plus grandes pour la bonne raison que l'on ne sait pas encore ce que
sont énergie noire et matière noire dans notre univers actuel… C’est un
des sujets les plus importants de l’astronomie aujourd’hui, et les
observations futures permettront certainement de progresser. Pour
l’instant, il est plus sage de considérer le Big Bang comme une
extrapolation de l’expansion de l’univers (qui elle est un fait observé),
donc mettre le big bang dans les théories très probables que dans les 100%
sûres. Par contre, ce dont nous sommes SÛRS est que l'univers n'a pas été
créé il y a 3000 ou 6000 ans par un barbu qui s'ennuyait et qui n'avait
personne pour taper la belote...
Au 18ème siècle, les grands pères des mêmes théoriciens s'étaient penchés
sur l'origine de la lune... A l'époque on pensait que la lune s'était
séparée de la terre (encore en fusion). Cette théorie avait le bon goût
d'expliquer la quasi absence de terres émergées dans le Pacifique. Elle
expliquait la lune, et le Pacifique. Sauf qu'à y réfléchir, la gravitation
fait qu'il est peu probable qu'un bout de la terre, même liquide, prise
d'une envie urgente d'aller voir ailleurs se soulève et monte dans le ciel
pour faire la lune. L'explication était ailleurs... A cette même époque,
personne n'avait bien compris que les côtes Ouest de l'Afrique collaient
assez bien avec les côtes Est de l'Amérique du sud... Pour continuer cette
analogie avec celle du big bang, nous connaissons tous la dérive des
continents, et on comprend bien que dans le passé, tous les continent
étaient unis dans ce que l'on appelle la Pangée. Personne n'imagine pour
autant que tous les continents étaient un jour réunis en un seul point
émergé, d'où seraient sortis tous les continents. Donc voilà, en tout cas
pour ce qui me concerne, le Big bang fait partie des théories, du domaine
du "probable" exploré par la science, mais rien n'est joué à ce niveau
(par contre le vieux barbu, lui, pas question).
L'appréhension du
monde - La cosmogonie moderne
Qu’est-ce que l’univers ? Qui l’a créé ?, comment ?, etc… quelques
réflexions à partir de notre vision actuelle.
Il est peu probable que les scientifiques trouvent un jour le mystère de
l’existence de l’univers. Il serait en fait plus correct de dire qu’il est
peu probable que les humains découvrent le mystère de l’existence du
cosmos, et les scientifiques en particulier. La réponse correcte et
honnête, dans le contexte est de dire « nous ne savons pas »,
« encore … ».
Est-ce grave, docteur ?
Non, au vu de ce que l’on sait aujourd’hui sur l’univers, il est évident
que ce qui a causé l’existence de l’univers n’avait aucune idée (si idées
il y avait à l’époque) de l’existence 14 milliards d’années plus tard de
la présence d’humains sur une sous planète quelque part dans une galaxie
anonyme. Prétendre le contraire sans aucune intention est débile. Le faire
parce que l’on a une intention (récupérer sa vision antique du monde et
son autorité de pacotille) l’est encore plus.
Une des constantes des religions est que l'univers a été crée par une
conscience. Les religions intelligentes ont fini par admettre à demi mot
que ceci ne s'était pas passé il y a 5000 ans, donc toujours sans
l'admettre ouvertement admettent de fait que les histoires contées dans
les textes "sacrés" ne sont que calembredaines, mais maintiennent malgré
tout l'existence d'une conscience qui ayant fait plus que ce que nous
pouvons faire est donc forcément supérieure. Or rien n'indique quoique ce
soit de tel. L'existence de l'univers peut très bien avoir été causé par
un événement, et c'est en fait beaucoup plus probable qu'une conscience.
On peut reporter notre expérience terrestre à celle de l'univers, à savoir
que les choses simples se créent avant les choses évoluées (les bactéries
avant les mammifères). Donc on peut aussi imaginer que l'univers s'est
fait à partir de quelque chose de simple et que l'histoire a suivi son
cours. Prenons l'exemple de la tectonique des plaques sur terre et de la
dérive des continents : Dans le passé les gens observaient des phénomènes
(volcans, tremblements de terre, raz de marée, tempêtes) qu'ils
attribuaient aux dieux. Hadés se fâche, Poséïdon se fâche, etc... Or à la
base, ce n'est qu'un simple mouvement de plaques à la surface de la Terre
ou la circulation de l'air dans l'atmosphère, le jeu entre les masses
d'air chaud et froid qui causent les tempêtes. Aucune conscience dans tout
cela. Il est plus que probable qu'il en soit de même pour l'univers.
La chose, ou l’événement, ou l’être, ou le je ne sais quoi qui a causé la
création de l’univers aujourd’hui n’avait donc certainement absolument
rien à faire de notre existence 13.7 milliards d’années plus tard. Ça
n’avait probablement pas idée du fait que nous existerions un jour,
n’existe probablement plus, et n’a certainement rien à faire de nos
histoires mesquines ou des problèmes d'hormones de ceux qui veulent
prendre et se maintenir au pouvoir sur une parcelle de Terre. Je vous
encourage à relire cette phrase, elle est centrale dans ce que je viens
d'écrire. Il faut arrêter de se comporter comme si nous ne le savions pas.
Finalement en repensant à tout ce thème, je rejoins malgré tout les
croyants sur certains points. Admettons, ce que je ne crois pas du tout,
que l'univers ait réellement été construit par une conscience supérieure,
qui de plus, 14 milliards d'années plus tard s'est révélée aux hommes à
travers des textes "sacrés" (si je vous parlais, je vous mimerais
également avec mes deux index et mes deux majeurs les guillemets autour de
"sacré"). Le minimum que l'on demande finalement est que ce dieu soit
honnête, et tout puissant. Or si on admet que ce que l'on observe est
vrai, ce qui est tout de même recommandable, alors ce dieu n'est pas du
tout puissant. Il crée un univers dont il magouille les lois pour que dans
14 milliards d'années l'humain moderne apparaisse, l'humain, créature de
chair, fruit d'une évolution de millions d'années et qui est si imparfait.
L'histoire ne dit pas si les humains sont les seuls être vivants dans cet
univers monstrueux, ou si le dieu s'est amusé à faire plein d'essais sur
d'autres planètes. Évidemment pour les primitifs qui ont écrits les textes
sacrés, la notion de planète (en tant qu'objet orbitant autour d'une
étoile) n'a aucun sens, pas plus que la notion de vie extraterrestre. Ce
dieu imaginaire et imaginé à l'époque a énormément de mal à cadrer dans
nos connaissances actuelles. Il faut imaginer un dieu faisant un univers
plus que surdimensionné, créant des lois de la physique qui sont autant
d'obstacles à la création de la vie (donc de nous, qui bien sûr sont la
chose la plus importante dans tout l'univers) de façon à ce que de la
manière la plus improbable qui soit, une partie de l'humanité
d'aujourd'hui se mette à croire en lui 14 milliards d'années plus tard.
Par ailleurs, et ceci était déjà valable dans l'antiquité, le dieu en
question n'est qu'un gros psychopathe, créant des pantins imparfaits
(alors qu'étant tout puissant, il aurait pu, non ?), et les punissant pour
l'éternité s'ils se révèlent imparfaits... Quelle histoire débile... Dans
l'histoire chrétienne, dieu réalise que sa créature n'est pas parfaite
(dedieu de lui même il aurait pu le savoir avant de la concevoir, ou la
concevoir parfaite et on n'en parlait plus). A la place d'arranger le coup
par un bon miracle, après tout c'est quand même dans ses possibilités, il
décide d'engrosser (via miracle) une jeune juive (qui donc ne croît même
pas en lui) de manière à pouvoir être torturé ensuite plus tard de façon à
nous sauver des pêchés qu'il aurait pu ne pas concevoir dès le départ. Un
vrai psychopathe. De plus, dans le contexte actuel (la vie terrestre ne
représente que dans les 10-37 de l'univers), un homéopsychopathe. N'aurait
il pas pu créer tout cela en un rien de temps, puis jouer au playmobil
avec les humains ensuite comme tout dieu qui se respecte... D'autre part,
ce dieu là est à la fois assez loin d'être tout puissant, il est de plus
menteur. Que lui aurait-il coûté d'écrire dans la bible où je ne sais quel
bouquin qu'il aurait lui même écrit avec ses gros doigts gourds un minimum
de vérités, par exemple que la terre est un globe qui tourne autour du
soleil, qui fait partie d'une galaxie, etc... Plutôt que des choses qui
sont évidemment complètement fausses (dieu fait tourner le soleil autour
de la terre). Voilà, cette histoire aussi ne "marche pas", elle trahit
tout simplement le fait que les textes soit disant sacrés ont été écrits
par des ignares qui ont pour la plupart repris des légendes préexistantes
pour expliquer l'univers, sacraliser le pouvoir et organiser la société.
Le seul problème finalement est que toutes ces histoires sont fausses.
Résumons :
| Hypothèse |
Nous sommes : |
Dieu |
Les lois |
| L'univers n'a pas été créé par une conscience mais par un
événement ou quelque chose de similaire il y a 14 milliards d'années |
Un accident de la nature insignifiant |
n'existe pas |
créées par les humains, elles permettent de maintenir la cohésion
de la société |
| L'univers a été crée par une conscience qui souhaitait l'univers
pour ce qu'il est, c'est à dire en gros tout, sauf la vie qui ne
représente rien dans l'univers |
Idem |
n'existe peut être plus et même s'il existe, n'a rien à faire de
nous, vu que nous ne sommes rien dans l'univers |
Idem |
| L'univers a été créé par une conscience dans le but d'avoir des
croyants sur terre 14 milliards d'années plus tard |
Le but ultime de tout l'univers |
est un homéopsychopathe qui n'était vraiment pas à la bourre... |
sont celles décrites dans des livres anciens, mais on ne sait pas
lequel est réellement le bon, et si on le pouvait, il serait
néanmoins bien de ne pas tout appliquer comme dans l'antiquité (ou
alors il faut re-légaliser l'esclavage par exemple). |
| Les textes sacrés disent la vérité : il existe un Dieu (lequel ?)
qui nous a crée à son image, et a crée l'univers il y a 6000 ans. |
Destinés à convertir le reste de l'humanité mais pour leur bien
(semble évident... ) |
est un menteur, il a magouillé toutes les apparences pour qu'elles
soient trompeuses, puisque tout ce que nous découvrons indique que
l'univers n'a pas été créée il y a si peu de temps |
Idem, sauf que la science ne sert à rien, autant retourner tout de
suite au moyen âge... Quoique pour massacrer de l'infidèle, la
technologie actuelle a du bon... |
Dans le tableau précédent, toutes les évidences montrent que la première
ligne est correcte. Elle répond aux observations, qui sont à la fois
astronomiques, mais aussi sociétales : S'il y avait un dieu, on peut
imaginer qu'il ne serait pas lié à telle ou telle culture, mais serait
universel, avec un peu plus de preuves de que celles qui existent. Si le
dieu des juifs existait, il est probable que la shoah n'aurait pas eu
lieu, si Allah existait, il ne se ferait peut être pas représenter par une
des cultures les plus improductives de l'humanité, si le dieu des
chrétiens existait, il n'aurait pas laissé faire autant de génocides en
son nom, etc...
Au cours de l’histoire nous sommes passés d’histoires simplistes (si, si,
réellement) mais que nous avions inventé de façon à nous donner un sens
dans l’univers, à une vision d’un univers énorme, très complexe, mais dans
laquelle nous n’avons aucune place particulière. Croire aujourd’hui, en
prenant en compte nos connaissances que l’univers a été fait pour nous est
au mieux idiot. Et dans le cas bien improbable où l'univers a été crée par
une conscience, la fait passer pour une conscience atteinte de délires.
Dans ce contexte, ne renouvelons pas les erreurs des anciens en tentant
d’imaginer que nous pourrons savoir pourquoi l’univers existe. Approchons
nous, lentement mais sûrement, d’une vision plus correcte de l’univers.
Peut-être sommes-nous dans une partie de l’univers qui ne nous permet pas
de le voir et de le comprendre correctement. Ne cherchant pas à « prendre
le pouvoir », nous n’avons aucune obligation de vendre une histoire
fausse.
Les tentatives du passé, basées sur des observations complètement fausses
et la consommation de substances hallucinogènes sont pathétiques.
Avant de parler de cosmogonie, il va de soit que nous devons accepter la
réalité de nos observations. Si nous sommes réellement dans la "Matrix"
(pour ceux qui ont vu ces films de science-fiction), si toutes les
observations sont truquées par un dieu menteur, alors j’ai l’impression
que je suis en train de taper sur mon clavier alors qu’en fait le clavier
n’existe pas et que je ne suis que le sujet d’une expérience faite par le
dieu. De votre côté, je n’ai jamais existé, et vous avez l’impression de
lire une page web, mais vous aussi n’êtes que le sujet d’une expérience
identique. D'ailleurs existez vous réellement ?
En premier lieu, il faut donc accepter la réalité de nos observations et du monde lui-même.
Une cosmogonie doit ensuite répondre aux deux propriétés importantes et incontournables suivantes :
Elle est unique
Elle doit, même si incomplète, au moins correspondre aux observations que nous pouvons faire.
L’unicité est évidente, on ne peut pas avoir de double vérité. L’univers s’est créé et organisé d’une seule façon. Si 36 curés vous racontent leur version des faits, toutes différentes, il y en a au moins 35 de fausses, et plus que vraisemblablement 36, vu que leur explication vient du fond des âges, à une époque où l'on pensait que la Terre était plate et qu'on avait aucune notion de physique et aucuns instruments pour connaître un minimum l'univers. L’erreur est de mal choisir. Chez les musulmans, c'est Al Ghazali (1058-1111) qui explique grosso modo que s’il y a deux vérités, la seule correcte est dans le Coran, c’est à cette date qu’on peut considérer que le monde musulman s'enfonce définitivement dans le moyen âge. La civilisation la plus avancée de l'époque (ou la moins reculée ?), celle qui a précédé et suivi les grecs comme civilisation dominante, celle qui a inventé bien avant les grecs l’écriture et les chiffres rentre dans le moyen âge. Ils y sont encore. C’est une constatation objective. Il y a autant de musulmans que de chinois et comparez le dynamisme économique des chinois à celui des pays musulmans. Comparez le progrès qu'a pu faire faire la civilisation occidentale, et la stagnation des pays musulmans. J'imagine qu'ils doivent se rendre compte que tous les objets modernes qu'ils manipulent (voiture, téléphone, télévision, internet, etc, etc... ) n'ont pas été inventés par eux... ? Comment ne peuvent ils pas comprendre que la raison de leur retard est leur religion? Comment, dans un pays comme la France, où nous avons été capable de faire des lois très claires de séparations des religions et de l'état, les "gens de gauche" ne s'élèvent ils pas contre l'arrivée massive de population dont l'identité s'affirme dans des croyances qui sont la cause de leur retard... ? Si les pays musulmans étaient développés, il est probable qu'ils arriveraient à contrôler leur démographie, s'en remettraient à eux même plutôt qu'à un dieu inexistant, et n'auraient aucun besoin d'immigrer dans d'autres pays...
Au passage, aucun politicien français n'a demandé à ce qu'on élargisse
les lois de séparation de l'Eglise et de l'Etat pour l'étendre aux autres
états. Nous sommes dans une situation où l'état français ne peut
subventionner des cultes, mais où d'autres états (le Maroc par exemple
pour ne pas le nommer) paye des mosquées sur notre territoire. Ne
pourrait-on pas demander au moins une réciprocité et demander de passer
des programmes de vulgarisations scientifiques expliquant l’athéisme sur
les chaînes de télévisions marocaines ? Revenons à nos moutons, sans pour
autant les égorger.
Pour paraphraser Jésus parlant à Saint Thomas, s’il est possible de
croire en ce que l’on ne voit pas (quoiqu’il soit préférable d’éviter de
le faire), il est difficile de ne pas croire en ce que l’on voit. Hors ce
que l’on voit aujourd’hui est plus que suffisant pour ranger les sornettes
religieuses provenant de l’antiquité au placard. Imaginer que la création
soit le résultat de la volonté d’un « être » est peu probable. La création
peut être le fait d’un événement, ou d’une chose pour laquelle nous
n’avons vraiment aucun nom, de quelque chose qui de plus a disparu depuis
des méga lustres sans laisser de traces autre que cet univers. La cause de
la création de l'univers, s'il y a eu une création, fait certainement
partie d'une physique qui risque de nous rester inaccessible pendant
encore pas mal de temps. La physique de l'infiniment petit est la physique
quantique, celle du très grand à la théorie de la gravitation d'Einstein,
et il est probable que lorsque l'on parle de la création de l'univers, il
existe encore toute une physique que nous ne connaissont pas. Rien de
choquant dans ce concept. Pour le reste, si on insiste sur l'existence
d'un dieu, la question qui suit est de savoir qui a créé dieu… et qui a
créé le créateur du dieu, et ainsi de suite. Accepter l’existence d’un
dieu est une manière commode de ne pas poser les bonnes questions. Dieu
est en quelque sorte l’équivalent des piliers qui supportaient la terre
plate. Comment la terre peut-elle flotter seule dans l’espace ? Parce
qu’elle est supportée par des piliers. Mais sur quoi reposent les
piliers ?... Nous ne sommes pas beaucoup plus avancés en imaginant ces
piliers… Comment l’univers a-t-il été créé ? dieu. Qui a fait dieu ?
Finalement on se retrouve toujours devant une inconnue, et il n’est pas
plus inimaginable que l’univers se soit créé seul, que l’univers a été
créé par dieu qui lui s’est créé tout seul. Dieu ne répond pas à la
question, il nous fait juste les esclaves d’une secte, bien réelle et
humaine elle. Encore que vu les actions des religions, la notion d’humaine
est tout de même à relativiser (sacrifices humains dans le passé, milliers
de femmes prétendues sorcières brûlées par l'inquisition, génocides lors
de la découverte du nouveau monde, pédophilie, etc…).
Dans tous les cas de figures, le dieu ancestral (un vieux monsieur barbu
aux cheveux blancs) est une belle plaisanterie. Il y a heureusement de
moins en moins de personnes qui prennent les textes soit disant sacrés au
pied de la lettre, avec leurs histoires à dormir debout. Même le vatican a
admis en 1996 que la théorie de l'évolution "était plus qu'une hypothèse".
Progrès remarquable, tout de même. Il est déplorable que les USA, un des
pays les plus avancés au niveau scientifique, soit aussi, parmi les pays
développés, celui qui soit le plus attardé quant à la vulgarisation des
connaissances scientifiques. Les créationnistes américains détonent
réellement au vu des progrès accomplis par les scientifiques du même pays.
On voit là un grand problème de communication scientifique.
Au mieux de nos connaissances, ce dieu donc aurait dû créer l’univers il y a 14 milliards d’années. Aujourd’hui nous savons que l’univers n’est pas une bulle de quelques centaines de kilomètres au-dessus de nos têtes, c’est quelque chose de proprement ahurissant en volume, distances, etc… L’essentiel de cet univers est obscur, et complètement inapte à la vie. Tout cet univers n’aurait donc été créé que de manière à ce que 5% servent à faire 100 milliards de galaxies, pour que dans une seule de ces 100 milliards de galaxies, 9.5 milliards d’années plus tard, naisse une étoile autour de laquelle existe la Terre, de façon à ce que 4.5 milliards d’années plus tard apparaissent l’humain et les sociétés, pour que il y a n années (choisissez votre chiffre, 2011, 5772, 1433, etc..) un petit groupe d’individus, totalisant aujourd’hui un grand maximum de 15% de la population mondiale commence à vénérer le dit dieu… et lui expliquer tous les problèmes stupides qu’ils ont dans leur vie… N’avait-il réellement que cela à faire, dieu ? Pas très très efficace le « tout puissant »… ou avec un sens de l’humour vraiment très très spécial. Il est évident que si les religions ont tout leur sens dans une cosmogonie à terre plate, crée il y a quelques milliers d’années, comme un grand mensonge ayant pour but de structurer la société, de lui donner des lois, elles portent au ridicule avec nos connaissances actuelles. Que les religieux s’accrochent à leur pouvoir de jadis, certes, mais comment tenter de concilier les histoires anciennes et la vision actuelle du monde. Personne, dans les scientifiques bien dans leur tête, n’imagine l’humanité autrement qu’un accident du hasard dans l’histoire de l’univers qui n’a aucune relation avec la nôtre. Il se trouve bien quelques scientifiques pour tenter d’ânonner des discours sur les relations entre science et religion. Je donnerai un exemple calamiteux, celui de Jean Kovalevsky avec ses participations pitoyables à l’université interdisciplinaire de Paris, dont on a dit qu'elle est à l'université ce qu'est un institut de beauté à un institut scientifique, il y a un passage dans une vidéo de Kovalevsky ou il parle du spirituel comme d'une cinquième dimension de l'univers, ça vaut vraiment son paquet de cacahuètes. Il aurait pu être généreux et nous donner trois ou quatre dimensions spirituelles, personnellement, après ma mort, ça ne dérange plus de ne plus exister, mais si je dois encore exister, a priori pour un temps infini, je préférerai être un volume, aussi beau que celui que j'occupe en ce moment :), plutôt qu'un point, ou une surface, et si j'avais le choix, j'aimerai aussi choisir l'aspect que j'ai, les cadavres sont rarement beaux). Soit ils sont carrément crétins, rechercher sur internet les textes mièvres de Bruno Guiderdoni islam et science. Si l'islam favorisait la science, ça se saurait, et les pays islamiques ne seraient pas aussi attardés qu'ils ne le sont dans le domine. L'islam est antiscientifique, par définition. On trouve également des textes à prétention scientifique, mais citer des phrases d'autres scientifiques en les sortant de leur contexte n'est pas oeuvre scientifique (les frères Bogdanoff pour citer ces hurluberlus). Toutes les démarches de récupération de la science ne sont que des tentatives au mieux vaseuses. Les défendeurs du principe anthropique, ceux du fine tuning, de l’intelligent design et autres n’ont pas les pieds sur Terre. (Les noms américains expliquent évidemment que cette partie de la terre, colonisée par les curés va prendre encore un certain temps avant de se rendre à l’évidence). On devra un jour, en tant qu’européen, accepter la faute qui a été la nôtre d’envoyer tant de curés dans ce pauvre pays qui n’en demandait pas tant. Disons que les indiens d'Amérique ont largement profité de l’amour de dieu… Il ne serait pas surprenant, afin de se donner bonne conscience de s’excuser auprès des pays d’Amérique pour les avoir pollué en leur envoyant autant de religieux. Il est de bonne augure lorsque l’on visite Pékin de parler des droits de l’homme. Il serait de bon goût de faire repentance par rapport à l’invasion religieuse des Amériques. Du moins, si l’on compare le nombre de morts causés par les uns et les autres.
Petit calcul rapide :
Dans l'univers, la matière compte pour 5%.
Ces 5% sont distribuées en 100 milliards de galaxie. La voie lactée représente donc 0,00000005% de l'univers
Le soleil n'est qu'une étoile parmi 200 milliards d'étoiles. Le soleil représente donc 0,00000000000000025% de l'univers
Le soleil pèse 2 10^30kg, et moi, les bons jours environ 80kg.
Moi je suis donc 10^-46 de l'univers et vais durer 0.0000007 % de l’âge
que l’univers a déjà. Ceci est en considérant votre masse. En volume, je
suis 10-71 de l'univers. En admettant que dieu ne soit pas raciste (qu'il
est crée des infidèles juste pour que les fidèles puissent les massacrer),
il y a en arrondissant à la valeur supérieure 10 milliards d'être humains
et dieu a fait un univers 10 puissance 60 fois plus grand que nous. Si
dieu n'a fait l'univers que pour nous et pas pour ses infidèles qui
n'accéderont pas à son paradis, alors dieu a fait l'univers 10 puissance
61 fois plus grand que nous. Ceci est ridicule bien sûr. Toute notre
galaxie aurait pu ne pas exister que l’univers aurait eu la même histoire.
Alors la Terre ou moi… Pierre Dac en 1972 a été un des premiers auteurs à
expliquer le fond du principe
anthropique fort lorsqu'il écrivait : « si ma tante en avait, on
l’appellerait mon oncle, et si mon oncle en était, on l’appellerait ma
tante… » Prétendre que puisque j’existe, l’univers a été fait de façon à
ce que j’existe est complètement faux. On en revient à l'histoire de la
maison dans la forêt. Probable que si maison il y a, elle n'a pas été
faite pour une chose aussi insignifiante que nous. Si l’univers n’avait
pas eu les propriétés requises à la vie dans un sous sous sous sous
pourcentage de son volume, vous ne seriez pas en train de lire cette
phrase, et puis c’est tout. L’essentiel de l’univers, et je préfère
largement dire l’essentiel de l’univers que de vous embêter à lire un
chiffre avec des dizaines et des dizaines de 9 ne sont pas aptes à la vie.
99.99999……………99999% de l’univers est inapte à la vie. Il est noir, froid
et parcouru de radiations bien faibles, mais nocives. Mais l’univers
aurait pu très bien être identique, mais sans la Terre, ou le soleil, ou
même la voie lactée, et vous ne seriez toujours pas en train de lire cette
phrase. Nous sommes un accident de parcours, arrivé en gros 14 milliards
d'années après la création de l'univers, et seulement dans une sous partie
très infime de l'univers. Imaginez un genre de "conscience" décidant de
faire l'univers, il est probable qu'il se soit préoccupé d'énergie noire,
de matière noire, et que les 5% de matières n'ait été que des déchets dans
le dessein global de l'univers. Alors du haut des 10-38 et quelques que
représente la vie humaine sur terre, il serait bien d'arrêter de nous
regarder le nombril. Maintenant que par coup de chance, une molécule un
peu longue ait la possibilité de se reproduire, et en plus mal, ce n'est
finalement qu'anecdotique. Vu de notre point du vue, surtout lorsqu'il est
à la hauteur dudit nombril, il semble évident que la Terre est un objet
super important, moi encore plus, et étant tellement beau et parfait, il
est normal que tout l'univers n'a été créée que pour moi. Et il n'y a rien
de plus faux.
On pense que dans notre galaxie, il devrait y avoir quelques milliards de
planètes comme la terre (bonne taille, et à la bonne distance de leur
étoile, ni trop chaude, ni trop froide). Il y a des zones dans la galaxie
où la vie ne peut pas être pérenne (il ne fait pas bon d'être près d'une
supernova, ou dans des zones où les étoiles sont très proches les unes des
autres, et où la distance entre étoiles est trop proche pour avoir des
systèmes planétaires stables sur le long terme). Dans celles qui restent
et qui où se sont développées des formes de vie, il est plus que probable
que lorsque vie il y a, elle est de forme primitive (bactéries) et très
rarement de forme évoluée (avec des pattes, des yeux, etc...) et encore
beaucoup plus rarement des formes ayant développé la science et la
technologie (donc capables de savoir plus ou moins ce qu'ils sont ou où
ils sont). En étant hyper généreux, si la vie foisonne dans l'univers (en
gros, quelques milliers de formes de vie dans notre galaxie, et dans
chacune des 100 milliards de galaxies de l'univers), les formes de vies
représentent en gros 10-26 de l'univers... Imaginer que l'univers ait été
fait pour 10-26 (si on est généreux et admet que les autres font aussi
partie de la volonté divine). A la limite pour un "croyant", imaginer un
dieu qui a fait tout un univers pour seulement 10-26 de son contenu fait
passer le dit dieu d'emblée pour un imbécile.
Imaginez un jeu où l'on tirerait trois nombres au hasard, chacun étant
une des coordonnées dans l'univers. Et on vous transporte par magie sur ce
point. L'essentiel des tirages, vous arriveriez dans un endroit
complètement obscur, et si vous aviez emmené une paire de jumelles, vous
pourriez voir quelques tâches très faibles qui sont les galaxies
environnantes. Il faut arriver à se convaincre que l'univers est
essentiellement obscur. Très très rarement, vous vous trouveriez à
l'intérieur d'une galaxie et vous pourriez la discerner à l'oeil nu (la
voie lactée porte ombre dans les endroits où le ciel n'est pas pollué). Il
faudrait une chance très très grande pour arriver à proximité d'une
étoile, et avoir "un jour", c'est à dire beaucoup de lumière et de
chaleur. Il faudrait avoir vraiment beaucoup de malchance pour atterrir
pile poil à l'intérieur d'une étoile. Same player shoot again. A l'envers
évidemment, la vie ne se développe, lorsqu'elle se développe, que dans les
endroit hyper rares où se trouvent les bonnes conditions
physico-chimiques, d'où le fait qu'on peut négliger la vie comme étant un
des "desseins" de l'univers.
Nous sommes hélas passés d’une vision de l’univers où la terre et le ciel
étaient séparés, mais où le tout avait été fait pour la Terre (et donc
nous), à une vision de l’univers où la terre fait partie de l’univers,
mais où l’univers n’a pas été fait pour nous. Le problème étant que la
culture scientifique est tellement mal enseignée et si peu, que la plupart
des gens vivent encore de fait sur une terre plate.
Les religions vues par un mécréant.
- Les religions sont des couteaux suisses du comportement, Crées pour
expliquer l'univers, elles expliquent également, mais complètement à côté
de la plaque parce qu’inventées à l’époque où l’on avait une vision
complètement fausse de l’univers, comment l'univers a été créé, comment
nous devons nous comporter (là aussi dans de nombreux cas en étant plus
que critiquable aujourd'hui), et ce qui se passe après notre existence sur
terre. Là encore, en racontant conneries sur conneries. Mais vous le
reconnaîtrez, elles sont toutes RATP : Religions d'Amour, de Tolérance et
de Paix.
Et que ceux qui ne croient pas, meurent.
Le but n'est pas mauvais à l'origine, d'une part nous donner un sens sur
la planète, contrôler la société (locale) de façon à prévenir la
délinquance ou déliquescence de cette société, améliorer son état, nous
permettre d'admettre notre condition misérable. Mais maintenant ? Nous
avons des moyens de communication globaux, tout est complètement intriqué,
les multinationales sont supranationales, et l'essentiel de ce que l'on
achète est mondial. Tentez de tracer l'origine des composants de la
voiture que vous achetez. Tentez de tracer l'origine des idées qui ont
rendues cette voiture possible. Tout est mondial aujourd'hui. Le niveau
d'alphabétisation a augmenté beaucoup (pas dans tous les pays, mais ça
viendra, ça viendra). Il est grand temps de changer de système plutôt que
de continuer de se mentir en racontant, les yeux ouverts, mais le cerveau
fermé que dieu est au ciel et qu'il regarde nos faits et gestes. En tant
qu'astronome, ça me choque
Il est facile de constater que plus la religion est importante dans une société, plus celle-ci est retardée. Prenons l’exemple du monde musulman, qui représente le même nombre d’humains que les chinois, mais qui ne représente qu’une fraction de pourcent du progrès humain (un seul prix Nobel de physique pour un pakistanais mais qui étudia en Angleterre, aucun prix Nobel de chimie, aucun prix Nobel de médecine), et une fraction notable des problèmes internationaux. Voilà une partie de l’humanité (les arabes) à qui on doit mais il y a très très longtemps, avant qu'ils n'inventent Allah, l’écriture, une partie de la numération, une partie de l’astronomie ancienne, probablement la sortie de l’Europe du moyen âge, et qui y est rentrée avec des abrutis comme Al Ghazali et qui y est restée depuis. Une société qui base ses actions sur la volonté d’un dieu qui n’existe pas est vouée à devenir un nain économique. Lorsqu'il y a une guerre entre un pays développé et un pays musulman, le facteur de perte est de 10, autrement dit, 10 morts musulmans pour 1 mort de l'autre côté, et uniquement si, ou parce qu'aucune guerre totale n'a pas été déclarée. Les pays musulmans producteurs de pétroles ne semblent pas avoir compris qu'ils devraient utiliser leurs revenus pour développer des universités de haut niveau (avec quelques exceptions comme au Qatar), avant toute autre utilisation (acheter des clubs de foot en europe ou subventionner le terrorisme par exemple). Aucun des pays ou cette religion est prédominante n’est (encore) une démocratie, beaucoup sont des théocraties, où se maintient une loi moyenâgeuse qui maintient les femmes dans une position de servitude (quand elle n’encourage pas la pédophilie). Cherchez la phrase « comment battre sa femme » sur You tube, et vous serez servis… Il faut espérer qu’un jour, toute cette partie du monde va reprendre la place qui lui revient. Le devenir d’un pays ne se joue pas dans les centres religieux, mais dans les universités, elle se joue aussi sur la capacité à accepter l’autre, même si de sexe ou de couleur différent, et le fait de savoir que nous sommes tous, identiques, sur la même planète, à en partager les ressources.
Contraste étonnant avec l'état d'Israel, état "légal" mais sa création
est certainement une des choses la plus immorale jamais organisée au
niveau international. En guerre quasi permanente depuis sa création, ayant
délogé des milliers de personnes qui ne demandaient rien, il a su
néanmoins développer des universités, et donc les chercheurs et ingénieurs
qui ont permis à leur technologie la survie de l'état dans un rapport
démographique supérieur à 1 à 10 (dix fois plus de voisins qui
souhaiteraient voir cet état disparaître par rapport au nombre
d'israéliens). Il n'y a pas d'autre solution possible qu'une guerre
permanente, tant que les États Unis d'Amérique supporteront à coup de
millions de dollars chaque année cet état basé sur la croyance en une
religion antique, tant que les pays musulmans aux alentours resteront dans
leur déficit technologique, et tant que la démographie des deux religions
s'affrontant restera dans le même rapport. Rapport dans le sens de 10 fois
moins de population, mais 10 fois plus de victimes de l'autre côté lors
d'affrontements. L'abandon des religions de chaque côté est la _seule_
solution permettant d'arriver à une paix, solution largement improbable
néanmoins. Promulguer des lois encourageant les mariages mixtes serait un
premier pas pacifique vers la résolution de la situation. Deux clans
racistes (les uns considérant les autres comme des êtres impurs)
n'arrêteront jamais de s’entre-tuer. A quand un sursaut d'intelligence ?
Certainement pas l'élection d'un gouvernement musulman en Egypte... Le
tout est à pleurer.
Les Etats Unis sont à la fois le pays où la fréquentation des églises est
le plus élevé, et un de ceux où il y a le plus de crimes et d'inégalité
sociales, mais, également, où il y a les meilleures universités au monde,
c'est "malgré tout" un pays développé. Mais dans certains états on étudie
le créationnisme au même titre que l'évolution, l'avortement y est encore
très difficile, et il s'y trouve plus de sectes qu'un évêque peut en bénir
:). On ne peut, de manière relative, que comparer le progressisme de
l'église catholique, qui se tient au courant des avancées scientifiques et
qui a permis, peut être à contrecœur, le développement de la société
moderne, par rapport à ses sociétés attardées, ou à la place d'apprendre
quelque chose d'utile, on apprend par cœur les sourates du Coran. Il coûte
cher, très cher, de croire des conneries et de ne faire aucun effort pour
en sortir.
- La cosmologie moderne a détruit les cosmogonies anciennes. Il est clair que ceux qui ont écrits tous les textes sacrés, dans toutes les cultures, l'ont fait avec une connaissance très mauvaise de notre univers et sous l'influence de drogues plus ou moins puissantes. Beaucoup ne sont que des reprises de textes anciens, ré-assaisonnées à la sauce de l'époque. Elles n'ont aucune relation avec la nature réelle des choses, parce qu'à l'époque, personne n'était capable de connaître la nature réelle de l'univers. Ils se sont basés sur les apparences, et la nature est vicieuse, tout ce que nous voyons est faux, à moins de l’étudier dans le détail avec la technologie adéquate et la procédure adéquate. Il y a aujourd'hui une somme de connaissances qui n'est pas négociable : La terre n'est pas plate, l'univers est beaucoup plus énorme que ce que nous pouvons imaginer, il est complètement inapte à la vie sauf dans des sous sous niches écologiques comme la Terre, et il est évident que l'univers n'a pas été fait pour nous, ni pour seulement certains d'entre nous. Il est intenable au 21ème siècle d'avoir encore des imbéciles racistes (ou religionistes ?) qui séparent le monde entre nous et les autres, les purs et les impurs, etc... Les mêmes qui crient au moindre fait raciste (à condition bien sûr qu'il soit dans le sens blancs agressant des noirs ) ne font absolument rien pour lutter contre les religions qui sont le premier vecteur de racisme dans le monde, conséquence logique de leur vision antique du monde, le monde c'est moi et 100 bornes autour de moi, les étrangers qui ne sont pas comme moi sont dangereux.
- Nous sommes tous humains et fonctionnons tous en gros de la même
manière. Il n'y a pas d'être purs et impurs, et que vous vous comportiez
comme la plus adorable des personnes ou le dernier des salops, vous
mourrez de la même façon, et votre corps se décomposera, il n'y a pas
d'enfer ou de paradis. Le fait que nous n'ayons aucune quête à faire vers
une "pureté" (récompensée comme il se doit par le "bon" dieu... :)), le
fait que nous ne soyons pas l'objet de toute la création est un avantage
fantastique. Chacun doit tenter de vivre au mieux sa vie, et profiter du
peu de temps pendant lequel notre corps fonctionne si possible en harmonie
avec son entourage. Ceci nous responsabilise : Ce que je fais, je le fais,
et je ne le fais pas ni pour un dieu, ni à cause d'un dieu, qui de toute
façon n'existe pas.
- La cosmologie moderne détruit-elle la moralité ? Non. Là aussi, nous
avons fait des progrès, et la psychologie a tout de même fait des avancées
qu’il est difficile de rejeter. Si nous regardons les choses dont nous
pouvons être à peu près sûrs aujourd'hui, nous voyons que ce qui s'est
passé sur Terre est très bien mais n'est certainement pas lié à
l'existence de l'univers. Autrement dit il semble très difficile (je suis,
pour une fois, poli et modéré) d'imaginer qu'il y a eu un créateur qui a
pensé et fait l'univers de façon à ce que 14 milliards d'années plus tard
il y ait la vie sur terre. La vision moderne du monde implique un certain
nombre d'idées. Nous sommes tous sur la même Terre. L'endroit le plus
proche avec des conditions aussi bonnes (si il existe) est apparemment
très très lointain de nous. Dire que cet endroit est et restera
inaccessible pour les humains est un doux euphémisme. Il n’y a pas de race
« élue des dieux ». Nous sommes tous issus du même accident de la nature.
Tout discours censé sur la nature (celle que nous connaissons) devrait
rejeter de prime abord les discours imaginés par des pépés qui fumaient
des pétards il y a plusieurs milliers d’années alors que l’on avait toutes
les raisons de penser que la terre était plate. La moralité, et la justice
sont définis par une loi qui doit rester séparée des reliquats de la
religion et l’intelligence doit amener à la disparition celles-ci, et ce
d’autant que la plupart des religions, sous prétexte de respect de textes
soit disant sacrés défendent des idées immorales (le mariage forcé des
petites filles dans le monde musulman, la position de l’église sur la
contraception, etc…).
- Le pouvoir politique n’a aucune relation avec le cosmos. Il semble indispensable d’avoir à terme un pouvoir politique mondial de façon à gérer les problèmes qui sont d'envergure mondiale. Doit-il être laissé dans les mains d’individus au système hormonal défaillant (un jour quand je serai grand je serai président du monde…, bon, je ne serais jamais grand, mais je serais quand même président). Non, il reste à inventer un système juste et adapté. Les décisions locales prises au niveau local, et les décisions globales au niveau global. Si possible par des personnes dont c'est le domaine de compétence.
- Dans l'histoire de la lutte contre les pouvoirs, l'humanité est arrivée
à grand peine à se libérer de la monarchie, mais souvent pour la remplacer
par une pseudo monarchie, elle ne s'est libérée que partiellement du
pouvoir religieux (du moins dans le monde occidental), et elle aura
énormément de problème à se libérer du pouvoir militaire, et encore plus
du pouvoir financier. Il y a encore pas mal de travail avant de stabiliser
la société humaine...
- A l'heure où nous arrivons à l'épuisement progressif de nos ressources, à l'heure où la science a permis d'améliorer tellement nos conditions de vie, et notamment notre taux de natalité, la surpopulation fait que nous allons dans le mur, et à pleine vitesse. Personnellement je reste assez effaré de voir les choix qui sont faits, tout se passe comme si les gens dont c'est la fonction de prévoir ne voyaient absolument rien. Le seul moyen de subsister dans des conditions à peu près bonne aujourd'hui est de limiter la natalité. Sujet tabou s'il en est. En France on continue à aider les familles nombreuses alors qu'il faudrait les taxer. De la même manière dont on ne peut pas laisser les choix politiques dans les mains d'intérêts privés (ce qui se passe en pratique, parce que ceux qui payent les campagnes électorales en général attendent un retour de leurs largesses), il semble peu prudent de laisser "réellement" le pouvoir au peuple faute de naviguer à vue et de prendre des décisions sans analyser correctement d'une part les données objectives, lorsqu'on les a, et d'autre part d'être capable d'estimer les conséquences probables, quand elles sont "connaissables/estimables". Vive la dictature éclairée ! Dans le contexte, je pense que le gouvernement chinois a plus de chance de continuer à progresser que les démocraties représentatives mal représentées dans lesquelles nous vivons.
- Le pouvoir religieux est bidon et on ne devrait pas reconnaître (accepter de traiter avec) des états théocratiques. "vous souhaitez vivre comme dans l'antiquité, nous pas". "Vous ne laissez pas les femmes conduire ou étudier, nous ne traitons pas avec vous". Recevoir le dalai lama est une insulte à l'intelligence de premier ordre. Recevoir les représentants d'un parti politique laïc du Tibet est plus que souhaitable. On ne traite pas avec quelqu'un qui ne ferait qu'empirer la situation des tibétains s'il était mis au pouvoir. Dans certains pays, pauvres de surcroît, le nombre de moines est en gros 2/5 de la population en état de travailler. Donc les 3/5 de cette population doit travailler pour ces idiots qui prient. Or on sait que dans le contexte, la prière n'a jamais fait progresser quoique ce soit, d'une part parce qu'il n'y a personne de l'autre côté de la prière, et que si ça marchait, vu le nombre de prières, certains pays sud asiatiques seraient pour sûr les plus riches du monde...
- Dans le même contexte, le pouvoir militaire et tout le complexe
industriel l'entourant, qui n'est qu'une machine de mort, est hors de
propos. Les sommes dépensées dans le domaine sont exorbitantes
(astronomiques ?), et les mêmes sommes pourraient directement être
investies dans le développement et l'éducation de certains pays, avec un
rendement bien supérieur. La guerre d'Afghanistan en est un bon exemple :
foutage de gueule du premier ordre (parce que les mêmes compagnies qui
équipent les armées sur place vendent indirectement également aux
talibans), des dizaines de milliers de morts inutiles. La même quantité
d'argent aurait permis d'ouvrir des écoles laïques (quitte à nourrir les
enfants gratuitement, ce que font les talibans par ailleurs, mais dans
certaines des madrassas ).
- Revenons au sujet : Rien ne garantit que nous saurons un jour comment s'est formé l'univers. Nous savons qu'il n'avait pas vocation à développer la vie, nous savons qu'il est très grand et existe depuis très très longtemps, mais plus nous apprenons, plus nous en venons à accepter l'idée que nous ne saurons peut être pas comment tout s'est fait. Comme disait Miles Davis, "so what ?". Autant accepter notre situation de survivants sur notre planète au plus vite, de façon à la gérer au mieux plutôt que de penser encore l'univers comme les personnes du moyen âge, et surtout en termes de conquêtes d'une race sur l'autre, profiter du territoire du voisin, etc... Les américains construisent aujourd'hui des murs sur la frontière mexicaine, qu'ils devront franchir à la prochaine glaciation...
- La matière en tant que telle ne disparaît pas de la terre. Mais les
formes sous lesquelles elle se présente évoluent. Les ressources
naturelles sont de plus en plus difficiles à trouver. Donc coûtent
forcément de plus en plus chères. Au départ on récupère le pétrole à la
surface de la terre, puis on fait des puits, puis ces puits sont de plus
en plus profonds, puis on va récolter des sables bitumineux. Lorsque le
pétrole est utilisé, les atomes de carbones, d'hydrogène etc... existent
encore, mais plus sous la même forme. Il semble difficile d'imaginer que
la vie que nous connaissons actuellement va pouvoir continuer sous sa
forme actuelle. Il est nécessaire, même urgent, de modifier nos habitudes.
De toutes façons nous devrons le faire. On trouve là une limite au système
capitaliste, dont la recherche du profit n'est pas dans l'ordre de la
nature. Trop souvent le capitalisme se comporte comme un cancer,
consommant, consommant, jusqu'à la mort du corps dont il vivait. Il y a
une relation de proportion entre le nombre de consommateurs et la durée de
notre civilisation. Nous pouvons faire vivre 10 milliards de personnes
pendant 100 ans, ou un milliard pendant 1000 ans, ou peut être 10000 ans
si chaque être humain consomme 10 fois moins qu'actuellement. On peut
compter sur les progrès technologiques pour nous aider, et l'idéal serait
d'arriver à des générations auto-suffisantes, laissant la terre dans
l'état où elle l'ont trouvées à leur arrivée. Dans l'immédiat, le contrôle
des naissances semble le seul moyen "doux" capable de limiter
l'emballement des catastrophes qui nous attendent. Il semble ridicule de
parler de réchauffement climatique alors que celui ci n'est qu'une
conséquence de la surpopulation humaine. Or actuellement personne ne parle
de l'urgence d'un contrôle des naissances sur la Terre. On parle de
réchauffement global, on l'attribue correctement aux humains, mais on ne
remet pas en cause la croissance démographique.. Quelque part, il y a
quelque chose de faux dans le raisonnement.
- Le progrès ne se fait que si nous travaillons tous ensemble. Tant que
l'humanité n'est qu'une somme de tribus, elle reste dans la préhistoire.
La mise en place des pouvoirs va imposer au fur et à mesure la création
des états, et avec elle la création et la diffusion de la science. Tous
les pays où l'ont parle encore de tribus sont des pays sous développés.
Aujourd'hui, nous dépendons tous de tout le monde, et toute découverte et
progrès technologique profite rapidement à tout le monde. De la même
manière, lorsqu'un état commet une erreur, il n'en supporte pas
généralement les conséquences seul, il y a interaction au niveau mondial
(on peut citer la destruction de la forêt amazonienne, l'élection d'un
idiot comme Georges W. Bush, les fondamentalistes de tout bord (en Israël,
chez les talibans, etc...).
- La science a permis l'explosion démographique actuelle, et elle semble à même de résoudre les problèmes, si elle est capable de se faire entendre et de faire appliquer des décisions drastiques. L’application de méthodes scientifiques au gouvernement mondial ne semble pas une idiotie. Dans tous les cas de figure, tenter de calculer un peu à l’avance les effets de telle ou telle mesure ne doit pas être beaucoup plus inefficace que de laisser des imbéciles gouverner au feeling ou au sondage. Sinon les religions semblent aussi capables de résoudre les problèmes actuels, mais une guerre mondiale ne semble pas la solution la plus économique (à tous points de vue). Au niveau de population actuelle, elle semble même inefficace. Tuer 1 milliard de personnes ne diminuerait le nombre d’humains que d’une quinzaine de pour-cent… et donc ne sert à rien.
- Nous sommes dans une situation quasi paradoxale, où une bonne majorité des humains pensent que l'univers a été crée il y a quelques milliers d'années et qu'après leur mort, il y aura une éternité. En réalité, l'univers existe depuis une éternité (14 milliards d'années c'est une éternité) et à la vitesse à laquelle nous détruisons la terre, faute de contrôler notre consommation et notre démographie, l'humanité ne va pas durer plus de quelques milliers d'années...
- Il nous faut faire le choix du doute. Les religions nous proposent des
réponses à tout, mais hélas elles sont toutes fausses. La science ne donne
pas des réponses à tout, mais elle permet d'avancer. La première étape
vers le progrès est d'admettre que nos prédécesseurs n'étaient pas
parfaits (nous non plus d'ailleurs), mais nous pouvons progresser. Si tout
a déjà été expliqué, nous retournons dans nos grottes. Si tout reste à
expliquer, continuons à chercher et à progresser, et à gérer l'humanité de
façon rationnelle. Nous avons découvert un univers qui n'est pas à notre
mesure, qui n'a pas été fait pour nous, mais cette information ne nous
empêche pas de vivre le peu de temps de conscience dont nous disposons de
manière intelligente. Bien au contraire. Cette prise de conscience permet
de se libérer de forces dominatrices inutiles (les religions), peut être
un jour de gérer nos sociétés de façon démocratique (via internet,
suppression des députés, sénateurs et autres pseudo représentants d'eux
mêmes) et même un jour d'investir les sommes colossales gaspillées dans la
guerre dans l'éducation.
- Reste également les problèmes liés à la mort, et la mienne en particulier. Personnellement (étant mécréant), je n’imagine pas mon absence après ma mort très différente à celle qui présidait avant ma naissance. Une anesthésie générale donne une assez bonne idée de « l’in-conscience ». Je disparais un moment durant l’opération. Maintenant si l’idée de la vie éternelle est quelque part rassurante, elle ne l’est que pour l’imbécile qui ne réfléchit pas. Si on tend à augmenter la durée de la vraie vie (active, en bonne santé), on comprend très bien que l’immortalité est synonyme d’inactivité, remettre au siècle suivant ce qu’on aurait pu faire aujourd’hui. La mort nous donne une raison de profiter de la vie. Et finalement très peu de croyants s’empressent d’aller rejoindre leur créateur. Il y a bien quelques tarés fanatiques qui pensent arranger la situation politique de leur pays en se faisant sauter et en essayant d’emporter quelques innocents avec eux. L’arrivée au paradis, 72 vierges qui les attendent (là encore, expression débile des relations entre hommes et femmes dans ce genre de société arriérée par la religion). Évidemment l’histoire ne dit pas si une femme terroriste arrivant au ciel (hé, hé, on y revient, il n'y a pas de "ciel"...) récupère immédiatement un troupeau de 72 puceaux boutonneux poursuivant ses restes fumants sur une musique de Benny Hill…
Dans l'immédiat, je vais vous laisser à vos réflexions, en vous laissant avec une autre musique qui a été écrite il y a 40 ans et qui reste pertinente...
Imagine there's no heaven,
It's easy if you try,
No hell below us,
Above us only sky,
Imagine all the people
living for today...
Imagine there's no countries,
It isnt hard to do,
Nothing to kill or die for,
No religion too,
Imagine all the people
living life in peace...
Imagine no possesions,
I wonder if you can,
No need for greed or hunger,
A brotherhood of man,
Imagine all the people
Sharing all the world...
You may say Im a dreamer,
but I'm not the only one,
I hope some day you'll join us,
And the world will live as one.