Télescope azimutal de 445mm

Le plus grand télescope touristique du Chili.

33cm c'est bien, mais 45cm, c'est mieux.

Première image, faite le 13 Août, paraitrait que les télescopes neufs attirent les nuages. En arrière plan le dobson de 33cm.

La construction :

J'avais donc commandé un miroir de 45cm chez Discovery Telescopes, avec le secondaire attenant. J'ai choisi un rapport d'ouverture de F/5. Le star test est bon.

J'avais commencé la construction en 2005, lentement, puis un accident de moto m'a immobilisé plusieurs mois. J'ai repris la construction, toujours lentement en 2006 (pas pour des problèmes de mobilité, mais des problèmes d'argent, pour acheter les composants manquants).

Le grossissement minimum étant de 70 fois en gros avec un Nagler de 31mm, il était nécessaire de faire un système de suivi. Mais étant utilisé durant les tours, il semblait indispensable qu'il soit azimutal. Exit donc le dobson classique. J'avais récupéré depuis des années une grosse butée à billes. J'avais aussi un ensemble de tubes permettant de faire l'avant du tube optique en pseudo Serrurier (pseudo parce que le Serrurier est une structure symétrique, là il n'y a que l'avant). Donc tout est tombé en place assez rapidement et logiquement. J'ai fait une caisse de bois pour le bas du tube, sur laquelle j'ai fixé la structure tubulaire. J'ai fait le barillet du miroir en m'inspirant assez vaguement des barillets Kriege/Berry (la construction du télescope dobson en anglais chez Willmann Bell). Le barillet est un 9 points à triangles flottants. Le barillet a été fait avec du tube carré d'acier de 25mm, qui permet de tarauder d'un côté à l'autre avec le même taraud. Le barillet peut se dévisser et pivote vers l'arrière ce qui permet de nettoyer le miroir sans avoir à démonter le tout.

Arrière du tube montrant le barillet. Sur le dessus du télescope, une cornière ajustable pour le pointeur laser.

Pour les axes j'ai fait tourner des axes de 35mm par mon ami Roberto Castillo, qui m'a aussi fourni des paliers et un autre plat pour la base (on trouve plus de choses à Santiago qu'à Calama ou à San Pedro...).

J'ai fait modifier l'axe de ma butée à bille, et souder cette butée sur une jante de roue de camion bien lourde. A l'intérieur de cette jante il y a une plaque qui tient un palier qui centre la butée. En dessous, il y un codeur 5000 points. En fait lu en x4, donc 20000 points, donc quasi une minute d'arc de précision. Il a fallu centrer précisèment cette butée. Cette butée possède un pourtour qui va servir de disque de friction pour l'entrainement en azimut.

Vue du dessous, avec la position du codeur. Sous la plaque, un palier oscillant de 50mm permettant le centrage de la butée à billes

Ici on voit la butée à billes, soudée sur la jante. J'ai centré la base au comparateur, à moins d'un dizième de mm d'erreur de centrage. Le tout avant peinture.

J'ai fait la fourche avec une barre de 6 mètres de fer U de 50x100mm. Le tout découpé à la disqueuse et soudée chez un artisan local (j'ai un poste à souder, mais pas la puissance électrique nécessaire pour l'utiliser :( ). Un coup d'antirouille et peinture blanche. La base possède un déport qui permettra de monter une vieille CPU (Pentium à 400 Mhz). Au départ, j'avais prévu de faire la base de la fourche plus large et de souder des barres entre les 4 coins de cette structure jusqu'au haut de la fourche, mais finalement ça ne bronche pas comme ça. Je dois acheter ces temps çi un écran plat de 14 pouces. Cet écran et le clavier seront montés au dessus de l'arrière du tube.

J'ai fait fondre un disque d'alu par Roberto, il a été usiné à Calama. Il mesure 48cm de diamètre pour 22mm de surface après rectification. Pour l'instant, j'ai juste fait deux freins en azimut et hauteur, en attendant la livraison d'un système de galets d'entraînements.

Electronique :

Les plans passés et actuels :

J'avais pensé faire un petit système à base d'un PIC, en utilisant un HCTL2032 pour lire les codeurs, un chip timer genre 8253, et des cartes moteurs pas à pas pour l'entraînement. D'une part, l'idée de devoir programmer tout ça en assembleur, ou un C assez limité, de ne pas avoir beaucoup de possibilités d'affichage, de capacités de calcul rapide, de devoir wrapper toute une carte... bref découragement. D'un autre côté j'avais les cartes pour faire tout ça sur un PC et le PC. Au niveau codeur, j'ai une carte que David Romeuf avait conçue pour l'observatoire d'Augerolles, et une carte entrées sorties Axiom AX5218 qui possède 24 ports d'entrées sorties et trois timers AM9513. Je peux programmer tout ça en turbo C ou je vais voir si le visual C tourne sur un PC aussi antique...

J'ai regardé un peu au niveau des cartes de moteurs pas à pas, faisant du microstepping, et je pense prendre des modules IM483H de IMS. Je vais monter les moteurs directement sur les galets, avec un micro pas donnant en gros une seconde d'arc, et si le mouvement n'est pas lisse, je mettrais une petite réduction entre les deux via une courroie crantée. Le tout prendra encore plusieurs mois, pour faire la mécanique, pour recevoir les modules de moteurs pas à pas (152 dollars chaque aux USA) et faire un logiciel correct. J'aimerais que pour chaque objet pointé il y ait une petite explication (en trois langues éventuellement) expliquant quelque fait sur l'objet visible. Dans le futur, il faudra recourir à des cartes commerciales, au bus PCI ou autre. Je ne dis pas que je ne ferais pas de carte avec PIC, pour des raisons d'économie, ou sinon sur une petite carte PC, mais pour l'instant, je vais développer ce système là, tout d'abord par une aide au pointage (façon Sky Commander), puis des moteurs et une raquette pour pointer manuellement, le suivi azimutal, puis ensuite le goto. Donc beaucoup de travail.

Observations :

Ben ça dépote...

Les amas globulaires, les vrais, ceux du sud, Omage Centauri et 47 Toucan, sont fantastiques, bien plus beaux que M13 au T60 du Pic. Les étoiles de la boîte à bijoux sont beaucoup plus colorées que dans le 33cm. Les spires de M83 sont bien mieux visibles, les dentelles pêtent de détails, la nébuleuse Saturne est bien verte, bref, c'est tout bon. D'un autre côté, Eta Carène déborde un peu de partout dans le champ, et de la même façon que je garde mon petit 200 pour certains amas ouverts, là je ne pense pas que ça soit adapté pour tout. D'autant plus que tant que je n'ai pas encore d'entraînement, les objets sortent vite du champ.

Me reste encore à faire une plateforme en bois autour du télescope, qui va arriver à la hauteur du bas de la fourche, de façon à pouvoir utiliser un escalier stable pour pouvoir pointer les objets trop hauts dans le ciel que nous ne pouvons pas montrer en toute sécurité.

La suite....

Je vais avancer lentement mais sûrement sur l'électronique, et changer la robe avant par un tube alu très léger. Comme j'observe toutes les nuits, y compris avec la pleine lune, il est très important d'avoir un bafflage parfait, et un pare lumière très long, genre 50cm avant du tube.

Globalement content.... j'ai recommandé une autre optique de 45cm, qui devrait être livrée d'ici quelques mois et je vais quand même voir pour terminer le T60, histoire de montrer quand même un peu le ciel en couleurs. Le second 45cm sera fait de la même façon que celui ci, en plus compact (F/4.1) et le 60 par contre est équatorial. Il est aussi probable que je modifie le 33cm en azimutal entraîné, l'investissement est faible, et c'est tout de même utile de ne pas avoir à recentrer les objets. L'idéal serait d'avoir tous les télescopes en réseaux de façon à pointer automatiquement les objets les uns après les autres. Là je crois qu'il va falloir que je réinvestisse dans des oculaires...

Prochain projet : Construction d'un trépied pour les jumelles 25x100.