Images de la comète LINEAR C/2000 WM1
Au début du mois de Novembre, cette comète n'était pas visible de l'hémisphère austral. Puis il y a eu la pleine lune, et on s'est finalement décidé à la regarder aux jumelles le 4 Décembre au soir. Elle était très haute dans le ciel, et on n'aurait peut être pu l'observer bien plus tôt. Elle était assez grande, je m'attendais à quelque chose de plus petit. Nous travaillons à La Silla, et ne pouvons pas être 100% en train d'observer la comète. Nous nous sommes donc mis à deux : Sylvain Bouley de l'Uranoscope de l'Ile de France, actuellement en mission sur le télescope de 50cm danois, et moi même, travaillant pour l'expérience EROS2. Cette page décrit nos observations :
Le jpeg ci dessous est la somme des 10 images, corrigées du noir, recentrées sur le noyau de la comète, binné 2x2, log, puis recadré de façon à enlever les bords qui ne se superposaient pas après recentrage. Le nord est en haut. La queue fait un poil plus que 50 minutes de long.

On recommencera demain, en s'y prenant plus tôt....
Nuit du 5 au 6 Décembre 2001 :
On s'y est pris plus tôt, mais pas encore assez pour faire des flats en début de nuit. La comète est assez facilement discernable à l'oeil nu, malgré une lumière zodiacale impresionnante et un arc ecliptique visible sur la moitié du ciel. Fixation de la caméra avec une vis au pas Kodak, donc à 90 degrés de l'image de la veille (l'audine possède deux pas de vis à 90 degrés un métrique de 6mm et l'autre au pas Kodak).Mise en station correcte avec la GP, focalisation correcte également. Poses individuelles de 120 secondes sans suivi. Toujours le télé de 180mm F/2.8 IF/ED Nikon sans filtres. La première image est la somme de nos 10 premières images (on en a fait 50...). On voit bien la queue ionique, qui a du disparaître à la faveur de la lune hier soir.... plusieurs satellites, en fait sur une seule des images de la série... Flats du matin, et darks après la série de 50 poses. Si on regarde attentivement près de la tête de la comète, on voit de part et d'autre de celle ci deux trainées. Celle de droite est très près de la tête et celle de gauche est environ 3 fois plus loin. Au départ, ils ont été nommés respectivement comète Bouley et comète Maury :-), puis nous avons réalisé qu'il s'agissait certainement de reflets du noyau de la comète dans l'optique du téléobjectif. En fait, il s'avère qu'il s'agit de reflets sur le filtre UV présent sur le téléobjectif. Il a été par la suite enlevé..

La deuxième image est la somme des images 11 à 20. mise en négatif pour voir l'extension des deux queues. En utilisant la fonction de mesure de distance de PRISM on trouve une queue de poussière de 1.5 degrés et une queue ionique de 3 degrés.

Un film au format avi de 645 Ko cumulant les 50 images de la nuit a été réalisé. Il est orienté Est en haut, et Nord à gauche. On voit assez facilement les deux reflets dus au filtre UV se déplacer. Le champ (recadré) est de 3°14' sur 2°04'. En bas à gauche du champ, on voit la nébuleuse planétaire NGC246. Vers la fin de la séquence, le fond de ciel devient brillant à cause du lever de la lune. On voit quelques satellites passer sur les images individuelles.
Cette nuit a été notablement affectée par la présence de vent. Toujours des poses de 120 secondes, sans filtre (y compris sans filtre UV...). Binning 2x2. Ci dessous un composite de 20 images.

La même en négatif avec un contraste un peu plus fort, la queue ionique sort du champ...

Toujours les mêmes problèmes de flats non uniformes parce que le ciel sur un tel champ ne l'est pas...
On continue le festival. Belle nuit. Tout devient plus rôdé. On a rajouté un filtre KG3 entre l'objectif et la caméra. Ce filtre supprime la partie infrarouge du spectre, et donne des images un plus piquées.
30 images réalisées, voici la somme des 10 premières. Traitement superficiel pour l'instant. Poses de 120 secondes, en mode binning 2x2. Flat réalisé sur le fond de ciel en fin de nuit.
Une étape a été oubliée au moment du traitement du flat ( correction de colonnes défectueuses du au CCD de grade engineering oubliées sur le flat... ). On retraitera ca ce soir et on mettra une image plus propre. Promis. Là, il se fait tard, on fait vite. Désolé.
L'étoile brillante est beta de la baleine, de magnitude 2.1. Sur la première pose on voit le reflet causé par l'étoile sur le filtre KG3. Sur la seconde (la même en fait), on a augmenté le contraste et passé en négatif. La queue ionique, très fine au sortie de la comète traverse le halo de beta Ceti, et mesure en tout 4 degrés sur ce composite.


Fin des observations pour ce run...
La conclusion est qu'il est possible d'enregistrer des données sans avoir à s'occuper de la monture avec un petit téléobjectif. L'ensemble prenait quelques minutes à aligner les soirs. Après la première mise en station, on avait mis de la peinture autour des pieds du télescope sur le sol, on revenait tous les soirs sur la même position et sigma octant était pas trop loin du champ. Le suivi n'était pas catastrophique dans la mesure où les pixels mesurent 10 secondes d'arc, 20 en mode binné.
L'autre conclusion est qu'il me faut réellement approfondir le problème de la calibration des images faites avec cette caméra. Je ne suis jamais arrivé à obtenir des images où les points chauds étaient correctement supprimés. La tentative d'imagerie couleur s'est soldée par un échec. Il apparait clairement que les filtres de 50mm ne sont pas utilisables en pleine ouverture, il faut utiliser une roue à filtre entre l'objectif et la caméra.
Version du 10-12-2001